Ben Harper et Relentless7: combinaison gagnante

«Pour pousser la musique au-delà des egos, pour...

Agrandir

«Pour pousser la musique au-delà des egos, pour l'amener au-delà de la simple combinaison de notes, vous devez entretenir un dialogue sans paroles avec les autres musiciens, une communion», dit Ben Harper (au centre sur la photo).

Nicolas Houle
Le Soleil

(Québec) On s'inquiétait un peu pour Ben Harper. Ce n'étaient ni sa santé, ni son compte de banque qui nous préoccupaient, mais plutôt ce qui semblait être une fatigue créatrice : depuis quelques années, notre homme semblait faire du surplace. Qu'on se rassure, il a véritablement renoué avec l'inspiration en compagnie de sa formation Relentless7, à témoin son nouveau CD/DVD, qui immortalise son passage au 30e Festival de jazz de Montréal.

Étiez-vous dans la métropole le 12 juillet dernier? Si oui, ç'aura été difficile de rater Ben Harper. C'est à l'Américain que revenait l'honneur de clôturer le Festival de jazz. Il était donc bien visible sur la grande scène extérieure et on pouvait l'entendre de loin, puisqu'il est arrivé avec son show le plus bruyant à ce jour. Harper n'a pas tourné le dos à la soul, à la folk ou encore au dub qu'il défendait auprès de ses Innocent Criminals. Mais avec son quatuor aux origines texanes, c'est un rock musclé et bluesy qu'il chérit, sa fidèle guitare Weissenborn sur les cuisses.

Au menu ce soir-là? De savoureuses reprises, dont Under Pressure, des classiques comme Another Lonely Day, et, surtout, les titres de White Lies for Dark Times (2009).

«J'aime jouer la musique que j'ai écrite, affirme-t-il. Je ne sens pas que Walk Away, sur mon premier disque, est meilleure ou moins bonne que Up To You Now sur mon plus récent. Devrais-je me complaire dans la nostalgie? Jouer les mêmes pièces pour toujours? Si tu joues la même chanson continuellement, les gens s'en plaignent. Et si tu joues ton nouveau matériel, les gens se plaignent que tu ne joues pas tes vieilles chansons! Je suis piégé! Alors je m'en remets à Neil Young : "Fait ce que tu veux et n'écoute personne d'autre".»

Les oreilles de Ben

Ce n'est pas pour le contredire, mais Ben Harper écoute parfois les autres. Du moins, leur musique. On s'en souviendra, il avait prêté l'oreille au démo que lui avait remis Jack Johnson, en 1999, pour ensuite diriger l'artiste vers son producteur de l'époque. Johnson a par la suite connu le succès que l'on sait. C'est un scénario similaire qui a présidé à la naissance de Relentless7. Laissons Harper raconter.

«J'ai rencontré Jason [Mozersky, le guitariste] en 1998, alors que le chanteur de son groupe, à l'époque, me conduisait pour l'un de mes spectacles à Austin, au Texas. Il m'avait demandé s'il pouvait me faire écouter sa maquette. J'ai dit "bien sûr" et j'ai été soufflé par la musique. Le groupe a fini par se séparer, mais je suis resté en con­tact avec les gars, et Jason m'a fait rencontrer Jesse [Ingalls], le bassiste, et Jordan [Richardson], le batteur. La chimie a été instantanée. Je les ai invités à collaborer sur mon album Both Side To the Gun (2006). À partir de là, on a toujours su qu'on ferait quelque chose ensemble. On ne savait pas quand, ni comment, mais on y a cru et, finalement, 10?ans après avoir rencontré Jason, on est devenu un groupe.»

Lorsque les sessions de création de White Lies for Dark Times ont commencé, Harper a réservé un studio pour trois jours, question de voir ce qui se passerait avec ses trois complices. Le résultat lui a tellement plu qu'il a ajouté des journées supplémentaires. C'est que la vedette n'était plus en compagnie de musiciens à son service; il s'était retrouvé un peu malgré lui au coeur d'un nouveau band. La chimie a continué de grandir au fil des spectacles, pour culminer au Festival de jazz.

«L'un des éléments qui ont rendu cette soirée magique est qu'on ne savait pas qu'on était filmés, explique-t-il. On croyait que les caméras n'étaient là que pour projeter les images sur les écrans géants, dans la rue. Quand vous savez que vous êtes enregistrés, vous faites gaffe à ce que vous faites. On a donc pu entrer sur scène sans la moindre inhibition. [...] C'est comme si chaque con­cert qu'on avait fait avant celui-là était en vue de ce moment.»

L'importance du live

Ben Harper a l'habitude des albums live. Avec ce CD/DVD, il en est à son sixième. À ses yeux, ces parutions sont aussi importantes que celles abritant du matériel inédit. Pourquoi? Parce qu'elles témoignent du savoir-faire d'un artiste dans un contexte scénique et qu'elles peuvent inciter le public à aller voir le musicien à l'oeuvre.

Harper a beau louer la magie des tournées et des performances, il n'en vient pas moins de terminer l'enregistrement de son nouveau disque studio. Give Till It's Gone, qui doit encore être mixé, a vu le jour à Santa Monica avec deux invités de marque : Ringo Starr, qui manie les baguettes sur un titre, et Jackson Browne, qui assure les choeurs sur un autre. On pourra entendre le résultat à l'automne.

«Quand on a fait le premier Relentless7, on est devenu une formation après l'album. Là, on était déjà un groupe, donc ce disque est véritablement le fruit d'un travail collectif. Je crois qu'on peut très bien le sentir.»

D'ici à ce que le nouvel album voie le jour, on pourra patienter en réécoutant Live From the Montreal International Jazz Festival. Et, peut-être, espérer un retour de l'artiste à Québec...

«Oh oui, je dois revenir à Québec! Ça fait beaucoup trop longtemps!»

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer