Ce disque est en quelque sorte le prolongement du précédent, question d'étirer et d'augmenter le plaisir...
«On a voulu prolonger la vie du disque parce qu'on est à l'ère des one hit wonders, plus que jamais. C'est pour ça qu'on donne le disque, explique Lou. Ça satisfait aussi un désir de créer parce qu'attendre quatre ans entre deux albums, c'est long!»
Les nuits gainsbouriennes est un disque de reprises sur lequel CEA remanie son propre répertoire, mais flirte aussi avec Gainsbourg et Yann Perreau. Du premier, le groupe réinvente Laisse tomber les filles et Initiales B.B.; du second, il donne un côté brut, presque animal, à Beau comme on s'aime, à l'origine romantique et exaltée.
«Le côté sauvage va quand même avec un côté de la personnalité de Yann. Ça nous a été inspiré de lui», raconte Lou, pour qui cette chanson figure parmi les meilleures qu'il ait jamais entendues. «On va faire la chanson avec lui au Festival d'été, Yann aime bien la version.»
CEA offrira aussi la chanson au Mur du son d'Olivier Dufour les 3 et 4 juillet devant l'Assemblée nationale.
Le groupe sera très actif cet été, on l'attend aussi au Festivent de Lévis.
Devenir des héros locaux
«On a fait de grosses scènes aux FrancoFolies déjà, alors il ne reste que le Festival d'été à convaincre! remarque Lou. C'est important de devenir des héros locaux. C'est toujours un honneur de travailler avec des gens de Québec. On veut montrer que l'exode vers Montréal n'est pas nécessaire.»
Les nuits gainsbouriennes, qui se veut un hommage à un artiste qui inspire beaucoup CEA, a aussi été une belle carte de visite en France récemment. D'ailleurs, ce soir, avant le spectacle de lancement (22h), le public est invité à visiter une exposition de photos du groupe lors de son séjour en France. Il y aura aussi la projection de cinq docuclips dès 20h.
«On a été très bien reçus là-bas, on a eu de beaux échanges. Ils ne comprenaient pas tout, mais on les a fait danser!» se rappelle Marième.
CEA est bien décidé à continuer à chanter en français pour conquérir la francophonie et le groupe espère d'ailleurs retourner bientôt au Sénégal, où la scène hip-hop est en effervescence.
«Il y a un défi à faire quelque chose qui sonne bien en français. C'est difficile si on ne veut pas tomber dans la poésie cérébrale, mais c'est une fierté de relever ce défi», souligne Karim Ouellet.










