En fin de semaine dernière, le p'tit gars de Limoilou revenait dans son patelin pour se joindre à son vieux pote Bob Walsh, pour une prestation endiablée à ExpoCité. «J'étais à deux pas du gaz bar où j'ai été élevé avec mes quatre soeurs et mes deux frères!» s'exclame celui qui a interprété la musique du film Gaz Bar Blues, de son frère Louis Bélanger, dont l'action se situe dans la petite station-service familiale, près du Colisée.
Depuis la sortie du film couronné par un Jutra, en 2003, Guy Bélanger a le vent des voiles. L'année suivante, il terminait en beauté le Festival d'été de Québec avec son Gaz Bar Blues Band, au Cabaret du Capitole. En 2008, son premier album éponyme remportait un succès remarquable, surtout dans l'état dépressif de notre industrie du disque. «Ce fut une grande et belle surprise, car je savais que le marché n'était pas facile. Et la tournée qui a suivi m'a montré que les gens se déplaçaient encore pour m'entendre en spectacle; encore là, j'ai été agréablement surpris. Avec ce deuxième album, je bats le fer quand il est encore chaud», reconnaît le musicien, qui a joué avec le Cirque du Soleil, Les Colocs, Nanette Workman, France D'Amour et Éric Lapointe, qui participe d'ailleurs à Crossroads.
«Je lui ai fait chanter Blue de Lucinda Williams. Curieusement, j'imaginais un homme chanter ce blues de fille, et inversement, j'imaginais une femme, Kim Richardson, interpréter le classique de Keb Mo, Don't Try to Explain», explique l'harmoniciste, qui a pu compter sur la complicité totale du guitariste et chanteur Gilles Sioui et sur celle du guitariste Claude Fradette, compositeur de la trame musicale de Gaz Bar Blues.
La famille Bélanger aura deux occasions de se retrouver et de fêter très prochainement, puisque le lancement de l'album de Guy coïncidera avec la première du nouveau film de Louis, Route 132, dont la musique de Benoît Charest (Les triplettes de Belleville) est jouée par Guy.
«Tous les enfants Bélanger, mes trois soeurs de Québec, mon autre soeur qui vit au Maroc, mon frère de Mont-Joli, Louis et moi, nous serons sur le tapis rouge du Festival international du film de Montréal, puis nous nous réunirons dans ma nouvelle maison, à Repentigny, pour écouter mon dernier disque!» se réjouit déjà le musicien dans la cinquantaine.
Pour en revenir à sa nouvelle ceinture en cuir bardée d'harmonicas, Guy raconte qu'elle lui a été offerte par sa soeur, à Marrakesh. Il ajoute : «Elle va me durer une bonne quinzaine d'années, et ce sera sans doute ma dernière...»
Mais de l'accrocher pour de bon, Guy Bélanger se promet encore beaucoup de musique et de tournées. «J'ai très hâte de partir en tournée et surtout de m'arrêter à Québec, le 16 décembre, pour jouer au Grand Théâtre, s'il vous plaît!»











