Son nouvel album ressemble à celui de la maturité. En trois disques, Belliard n'a jamais cessé de progresser. La rage et la révolte de Piège à cons a doucement cédé à la lumière, à des notes d'espoir, à des nuances.
«Je suis papa et je vis plein de belles affaires et je ne veux pas laisser la colère et la rancoeur venir nuire à l'équilibre nécessaire pour être bien en famille», note Belliard.
Réflexion
Si au départ ses chansons sociales étaient assez frontales, les plus rares qui figurent sur ce troisième effort tiennent plus de la réflexion que du coup de gueule.
«La confrontation, je ne sais pas jusqu'à quel point c'est efficace... Peut-être vaut-il mieux expliquer et essayer de comprendre? Mais je fais ce métier pour être heureux, alors je ne veux pas être torturé, toujours sur le pied de guerre.»
Des fantômes, des étoiles, il le décrit comme un album de guérison, qui se permet aussi de célébrer l'amour. Et toi et moi, inspirée par le poème Les lèvres ouvertes de Jean-Paul Daoust, est une litanie de couples célèbres parmi lesquels Belliard et sa femme se glissent. Et ce n'est pas la seule chanson inspirée par un poète, puisque Marie Uguay a le droit à la sienne. Avant d'écrire des mélodies, Alexandre Belliard était un rat de bibliothèque, qui lisait et écrivait des poèmes.
«Au premier album, je ne connaissais pas la mélodie. C'est en écoutant du Mickey 3D que j'ai découvert que c'était l'fun. Ça te donne une plus grande liberté à faire passer du texte moins facile.»
Belliard, qui a publié un recueil de poésie avant un album - des textes qui ne valaient pas une publication, juge-t-il aujourd'hui -continue de s'adonner à sa passion première. En 2008, il a publié un deuxième recueil (Tu cours après les pigeons), dont il est fier, et il planche sur un troisième. Mais l'heure est à ses nouvelles chansons aujourd'hui et d'elles aussi, il en est manifestement heureux. Peut-être parce qu'elles portent les marques de la simplicité et de la sérénité dans lesquelles elles ont été créées.
«Ça s'est fait en 15 rencontres... J'arrivais à midi chez Éric Goulet (le réalisateur, alias Monsieur Mono) avec une chanson guitare-voix et j'en repartais à 17h avec un mix dans les poches. Éric est très efficace.»
Les deux musiciens s'étaient rencontrés à la ChantEauFête de St-Siméon, et de là leur amitié est née. Ils projetaient de faire ensemble un album de reprises de Renaud. Mais en entendant les compositions de Belliard, une évidence s'est imposée: Renaud attendrait.
Et c'est très bien comme ça, puisque Belliard n'a jamais été aussi mélodique, aussi lumineux et aussi léger, malgré la fatalité qui traverse ses chansons.











