Julie Tremblay: de Québec à Copenhague

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David Cantin, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Résidante de Copenhague depuis 2006, Julie Tremblay commence à se faire un nom sur le marché de l'art contemporain, en Europe, au Canada, ainsi qu'aux États-Unis. Après un baccalauréat à l'Université Laval, de même qu'un bref séjour dans la métropole en 1995, l'artiste originaire de Québec s'exile à New York pour une période de 10 ans. De passage en famille dans sa ville natale, la créatrice espère pouvoir, un jour, venir présenter ses fascinantes sculptures, aux apparences humaines, ici même.

Début vingtaine, Julie Tremblay décide de partir tenter sa chance à Brooklyn. En 1997, elle obtient une mention d'excellence, en fin d'études, de la réputée Pratt Institute. Bien qu'elle compte sur l'appui de la Québécoise Anne-Brigitte Sirois, rien n'est pourtant gagné d'avance. «Il ne suffit pas d'avoir du talent et de bons contacts à New York, estime aujourd'hui Tremblay. Pour exposer dans les galeries, tu dois aussi faire le tour des vernissages ou des soirées mondaines afin de rencontrer les personnes influentes du milieu de l'art. C'est extrêmement difficile, même décourageant à plusieurs reprises, mais je ne regretterai jamais une telle expérience.»

Transition naturelle

D'abord attirée par la photographie, l'artiste originaire de Beauport se tourne vers la sculpture au début du nouveau millénaire. Pour elle, cette transition est tout à fait naturelle dans son parcours. «Même en 1995, lorsque j'ai exposé à L'?il de Poisson, ce n'était pas de la photo au sens strict du terme. J'expérimentais beaucoup, à l'époque, avec le papier photographique dans le but de créer des objets.» Il y a quatre ans, elle quitte la grande ville américaine, avec son copain danois, pour aller vivre à Copenhague. Une fois en Europe, Tremblay se consacre, plus que jamais, à son art. «J'ai mis la main sur des restants de feuilles de métal qui ont été utilisées pour faire des capsules de bière. Ensuite, l'idée m'est venue de reproduire des statues de corps humains à partir de ces motifs qui ressemblent à des étoiles.»

L'année dernière, ces sculptures aériennes et ambiguës, présentées dans les galeries Rebecca Kormind (à Copenhague) et Craig Scott (à Toronto), ont beaucoup attiré l'attention. Même la prestigieuse agence Ogilvy Art offrira une importante vitrine new-

yorkaise à Julie Tremblay en septembre. Actuellement, elle prépare une performance pour 18 danseurs, à Copenhague cet été. «Je m'intéresse de plus en plus à la théorie du chaos, de même qu'à la géométrie fractale. Je monte, en ce moment, un projet de performance à l'aide de parapluies que les danseurs vont s'approprier. Cela tourne autour du principe de l'ordre et du chaos, de la sculpture vivante. Il y a un lien avec ces statues, en métal ou en broche, que je fabrique depuis quelques années.»

Quelle différence alors de créer à Québec, à New York ou à Copenhague? «J'avais besoin de partir, c'était dans ma nature. Toutefois, je respecte des artistes de ma génération, comme BGL, qui ont choisi de rester à Québec et qui possèdent désormais une feuille de route assez impressionnante. Aujourd'hui, Copenhague est devenue un deuxième chez-moi. Les Danois ont une vision très progressiste des arts. D'ailleurs, ils possèdent une culture visuelle très forte.» Pour avoir un aperçu du travail de Julie Tremblay, on se rend au www.julietremblay.net.

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