La conceptrice des jardins Nancy Bernier, la directrice du Musée de la civilisation Claire Simard et Danny Brown
Le Soleil, Martin Martel
Tous les créateurs rassemblés lundi midi pour le lancement officiel de l'exposition étaient unanimes à dire que le vent est un bien vilain ennemi dans la mesure où il est aussi imprévisible que puissant sur les berges du fleuve Saint-Laurent. Le nordet de la dernière fin de semaine, fort et constant, a permis de prouver que les installations de VERTiges étaient non seulement charmantes, mais solides. «Ça va tenir le coup», soupirait d'aise la conceptrice Nancy Bernier, lundi, après avoir douté de ses volutes métalliques jusqu'à en perdre le sommeil.
Les neuf jardins qui tapissent les escaliers et les toits du musée de la rue Dalhousie pour toute la saison estivale font évidemment la part belle à la verdure. Exactement 145 végétaux ont été choisis, dont 39 variétés de légumes, 72 fleurs annuelles ou vivaces,
11 plantes tropicales, six arbres, neuf arbustes et huit fines herbes. Ils ont été regroupés par couleurs, chacune correspondant à un jardin.
Ainsi, le bleu est associé au jardin du matin, le jaune au jardin éternel, le rouge et le noir au jardin sauvage, tandis que le rose sied magnifiquement au jardin intérieur, rehaussé d'oeuvres d'artistes du programme d'accompagnement artistique Vincent et moi de l'Institut universitaire de santé mentale de Québec, anciennement Robert-Giffard.
Marie-Josée Hamel, responsable de l'aménagement paysager, a apprécié le défi de la monochromie. «On n'a pas l'habitude d'utiliser les légumes comme des plantes ornementales, mais ils peuvent être très esthétiques», fait-elle remarquer.
Pour son Potager des visionnaires, l'an dernier, Franco Dragone avait opté pour le jardinage afin d'aborder le thème de l'écologie et en avait profité pour ouvrir une parenthèse sur la solidarité en offrant la récolte à Lauberivière. Nancy Bernier, elle, a exploité ce thème de l'entraide en associant à chaque jardin l'oeuvre d'un organisme communautaire, en plus d'une couleur. «Moi, j'aimais l'idée de donner. Oui, il faut nourrir le corps, mais il faut aussi nourrir l'esprit et l'âme», résume la directrice artistique, qui disposait d'un budget de 650 000 $.
Cette année, la récolte sera dirigée vers le Pignon bleu, du quartier Saint-Sauveur, qui donne à manger aux enfants et aux familles défavorisés de Québec. Son directeur Richard Foy s'en réjouit, d'autant que l'organisme est mis en vedette dans le jardin Nourrir. «C'est vraiment un travail communautaire qu'ils ont fait là en jumelant la dimension de la beauté et de la solidarité», s'étonnait-il lundi.
Mme Bernier, qui était derrière le parcours interactif 400 ans chrono, ne s'est pas sentie prisonnière du succès de son prédécesseur, qui a attiré 679 000 visiteurs l'été dernier. «Ça nous propulse plus que ça nous fige», assure celle qui a vécu la fin des festivités du 400e comme une libération. «Ça donne l'occasion d'expérimenter sans la contrainte de l'histoire.»
Bernard White, responsable de la conception lumière et du design, abonde dans le même sens. «Le 400e, ça nous a donné une erre d'aller. Maintenant, la ville [de Québec] est en train de se trouver une façon de vivre», constate-t-il.
L'exposition VERTiges sur les toits du Musée est accessible du 23 juin au 7 septembre, de 9h à minuit, et du 8 septembre au
12 octobre, de 9h à 22h. Des guides-jardiniers seront sur place et des activités spéciales seront organisées régulièrement.













