Artiste montagnaise née à Mashteniatsh, Diane Robertson est décédée en 1993 à l'âge de 33 ans alors qu'elle entamait une carrière très prometteuse. Au Musée huron-wendat, on présente donc une rétrospective de son travail dans l'exposition-hommage L'esprit de Diane. La petite salle chargée de peintures, croquis, dessins, textes et installations s'est depuis transformée en une crypte qui raconte les derniers instants de la vie de cette artiste tiraillée entre ses origines québécoises et autochtones.
Dualité
Une dualité qui s'est transposée aussi dans la spiritualité et le matérialisme. La table des négociations exprime bien cette idée, avec une table de ping-pong couverte d'écorce de bouleau. D'un côté, on trouve une raquette pour illustrer le matérialisme, et de l'autre, une omoplate d'un caribou, os utilisé lors de rituels chamaniques. L'oeuvre exprime autant la double appréhension du monde que la tension qui se crée entre les deux façons d'entrevoir l'avenir.
Une autre installation retient l'attention. Le dormeur montre un lit de branchages sur lequel une couverture faite de plumage d'outarde recouvre un squelette en position foetale. On raconte que cette pièce - morbide, mais paisible - serait la dernière qu'aurait créée la jeune artiste avant son décès subit à la suite d'une méningite. Avec ou sans cette information, on ne peut que se recueillir devant un tel tableau, où le dernier souffle et la fin de l'agonie sont racontés.
Au-dessus, sur le mur, une série de toiles nommées Religion complète la réflexion spirituelle qui est très présente dans le travail des artistes amérindiens. Ici, de nombreux cercles remplissent les canevas. Ils représentent le tambour, symbole de l'univers et du rythme de la vie. Des mots en innu sont enfermés dans ces bulles qui pourraient aussi faire référence aux molécules qui composent le monde : iliniu (nouveau-né), tshikust (étoile), pishum (soleil) et washkutsh (autrefois). D'infiniment petit à infiniment grand, du passé au présent, du vivant à l'inerte; tout est relié.
Pour l'entendre de la bouche de l'artiste, il suffit de se déplacer dans la reconstitution d'un salon, où une télévision diffuse une vidéo dans laquelle Robertson explique sa démarche et présente ses oeuvres. En commençant la visite à ce poste, le visiteur peut aborder le reste de l'exposition avec les codes nécessaires pour comprendre certaines pièces qui ont été sorties d'une installation plus vaste (Assis) ou qui comportent plusieurs mots en Innu (Wala Olum, Religion et Échange).
L'esprit de Diane est un parcours sympathique, mais non exhaustif du travail de cette artiste partie trop tôt. On aurait, bien sûr, aimé voir l'installation de ce nom, et c'est ce qui déçoit un peu au premier abord. Sinon, l'ensemble vaut un détour par Wendake.
L'esprit de Diane, à l'Hôtel-Musée Premières Nations du 15, place de la Rencontre, à Wendake, jusqu'au 29 août. Entrée 9 $ pour les adultes, 7 $ pour les étudiants et 4 $ pour les jeunes de 7 à 16 ans. Pour plus d'infos :











