«Les gens ne semblaient pas comprendre ce qui se passait dans la ville, même en lisant le catalogue, explique le commissaire. J'ai voulu tout écrire pour que ça soit clair et simple.»
Il s'est attardé à interroger les gens de Baie-Saint-Paul, à intégrer les artisans du secteur, notamment en les mettant à la tête des classes de maître. Cette année, les artistes pourront apprendre à faire de la reliure d'art, de la broderie et de la tapisserie à l'aiguille, du tapis crocheté... «Je voulais éliminer le clivage qu'on fait trop souvent entre artistes et artisans. Ils travaillent tous à transformer la matière, au fond.»
Autre changement notable, le symposium se détache nettement de la peinture, qui a longtemps eu la part du lion. Sculpteurs, performeurs et médiums éclectiques s'imposent. «On va vraiment voir toute la diversité de ce qui se fait en art en Amérique du Nord», souligne Stéfan Saint-Laurent, qui a volontairement restreint le territoire où il est allé puiser des artistes - pas d'Européens cette année, à part un artiste allemand dont les fils sont établis en Colombie-Britannique - tout en cherchant à sortir de Québec et de Montréal pour s'ouvrir vers les régions du Québec et du Canada.
De Québec, il n'y aura que Jean-Robert Drouillard, qu'on connaît pour ses sculptures aux formes humaines, déguisées en animaux. Il prendra une nouvelle direction, en intégrant à ses oeuvres de véritables crânes d'ours noirs.
Un mois pour créer
Le défi est grand. Les artistes n'ont qu'un mois (top chrono, cette année) pour réaliser leur projet artistique. La sélection, selon les spécialités des créateurs choisis, devrait donner des oeuvres impressionnantes, souvent immersives et de grand format. Le trio ontarien Bakerygroup recomposera une forêt à sa manière; le duo montréalais Seripop devrait poursuivre dans sa spécialité, les sérigraphies colorées en trois dimensions; Geneviève et Matthieu souhaitent peindre un tambour géant...
À cela s'ajoutent les peintures sur formes de tambours et maisons longues de Sonny Assu et les oeuvres visuelles «indigènes» de Nicolas Galanin, de l'Alaska. Sans oublier la grande courtepointe collective que souhaite réaliser l'invitée d'honneur, la géante américaine Faith Ringgold.
Dans et hors de l'aréna
Pour la première fois, on donne également carte blanche à un photographe, Benoît Aquin, pour documenter de façon intime le symposium. On a aussi demandé à Louise Portal de prêter sa voix pour réaliser un audioguide qui devrait transformer en interrogation plus poussée la traditionnelle question «Qu'est-ce que vous faites?» que les visiteurs perplexes posent invariablement aux artistes. Rien de mieux que quelques clés de compréhension pour mousser l'intérêt.
Les activités et performances périphériques regorgent. L'événement étendra ses tentacules hors de l'aréna, où les artistes seront au travail, pour s'implanter dans la ville et essayer d'intéresser plus de visiteurs.
Vous voulez y aller?
Quoi: le symposium d'art contemporain de Baie-Saint-Paul
Où: Aréna (11, rue Forget) et musée de Baie Saint-Paul, dans Charlevoix
Quand: Du 30 juillet au 29 août, du mardi au dimanche de 12h à 17h
Coût: Contribution volontaire
Info: 418 240-3218 ou www.symposium-baiesaintpaul.com










