Mes rêves et la réalité

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Didier Fessou
Le Soleil

(Québec) Avant d'entrer dans le vif du sujet, une anecdote.

Une fois, j'ai écrit qu'un salon du livre n'était rien d'autre qu'une grosse foire commerciale. Cela m'a valu de sérieux problèmes avec la direction du Salon du livre de Québec qui cherche à maintenir l'illusion que son pow-wow aprilin est un événement... culturel!

Un salon du livre est-il le reflet de ce que les sociologues appellent la culture de masse? Sans aucun doute. À condition de retirer le mot culture.

Ma douce et tendre m'avait accompagné au Salon du livre de Montréal, il y a une quinzaine. Là, au stand des Éditions Robert Laffont, elle a déboursé 41,95 $ pour acheter le dernier Ken Follet, Un monde sans fin. Ajoutez à ça 8 $ pour le billet d'entrée.

Si elle était allée magasiner chez Archambault, à Québec, elle aurait payé 33,55 $ pour son bouquin. Et, au total, elle aurait sauvé 16,40 $.

Voilà qui donne à réfléchir, vous ne trouvez pas?

Dimanche dernier, je vous faisais part des dernières prouesses technologiques concernant le livre électronique. Je n'étais pas à l'aise avec ce sujet. Depuis, ça me chicotte. Je vous dois la vérité : le livre électronique, je n'y crois pas!

Je vais vous expliquer pourquoi.

C'est en vous rapportant le propos de Bruno Rives, «Pourquoi s'embêter à lire un livre du philosophe Michel Serres quand le livre électronique nous permettra de l'écouter parler?», que j'ai compris que j'étais hors sujet.

En effet, dans l'état actuel des avancées technologiques, le livre électronique ne permettra pas d'écouter parler Michel Serres.

Au salon de Montréal, plusieurs livres électroniques étaient exposés au comptoir de la librairie Monet. Je les ai regardés de près et je n'ai pas été impressionné. Ce sont de petits écrans sur lesquels on peut faire défiler du texte. Tout ça en noir et blanc, bien sûr.

Ces gadgets me rappelaient les portables sur lesquels j'écrivais dans le milieu des années 90. Rien à voir avec la couleur, la luminosité et les performances technologiques du MacBook sur lequel je suis en train de travailler.

Ces livres électroniques m'ont paru tristounets et technologiquement limités. Ils m'ont donné l'impression d'une régression. Et je ne veux surtout pas revenir au moyen âge informatique.

Tiens, si je veux lire sur un livre électronique la bio que François Bon a publiée chez Albin Michel, Rock'n roll, un portrait de Led Zeppelin, je veux pouvoir en même temps m'enivrer des riffs de Stairway to Heaven.

Alors, de quoi avons-nous besoin? Très simple : d'un ordinateur personnel portable moitié moins gros mais tout aussi performant que ceux que nous utilisons actuellement. Un bidule de la taille d'un livre normal. Quelque chose qui fasse 16 cm par

22 cm. C'est-à-dire la moitié de mon MacBook qui, lui, mesure 22 cm par 32 cm.

Et cet ordinateur, je veux pouvoir l'emporter partout avec moi et l'utiliser n'importe où.

La miniaturisation des portables, les piles à combustible et la généralisation d'Internet sans fil sont les voies à privilégier.

Que penser des feuilles-écrans en papier plastique développées par les Français? Pour lire le journal, le matin, rien à redire.

Rien à redire, certes, mais pas très inspirant. Lire un journal, ce n'est pas seulement lire du texte. C'est aussi regarder des photos, analyser des graphiques, apprécier une caricature. En noir et blanc, bien sûr, mais également en couleur.

La micro-informatique et la téléphonie mobile ont inauguré l'ère des technologies conviviales. Nous y sommes plongés et nous apprécions. Tous les nouveaux gadgets qu'on nous proposera, à l'avenir, devront témoigner de cette convivialité. C'est vrai autant pour le livre électronique que pour le journal électronique.

Une analogie à propos de la feuille-écran mise au point par l'entreprise française Nemoptic : cela m'a fait penser au Minitel. Très en avance sur son temps, à l'époque. De nombreux Français l'ont adopté et l'utilisent encore, mais Minitel a été incapable de faire face à la concurrence d'Internet. Et pour cause.

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer