Malgré toute sa bonne volonté, Obama ne pourra empêcher cela.
Et pourquoi donc?
Une, les Israéliens ne lui demanderont pas la permission avant d'agir et leurs percées technologiques sont telles que leurs bombardiers ne seront détectés ni à l'aller, ni au retour. Une promenade, quoi.
Deux, les Israéliens vivent dans la psychose de l'anéantissement de leur pays. Rien de théorique là-dedans : en 2006, la guerre avec le Hesbollah a obligé 20 % de la population israélienne à fuir le nord du pays. Depuis, le flux d'émigration est aussi important que le mouvement d'immigration.
Trois, le fantasme nucléaire ajoute une dimension particulière à leur complexe d'assiégés : nombre d'Israéliens y voient la menace d'un nouvel holocauste. Et c'est cela que les frappes tenteront d'empêcher.
Le jour où les Israéliens agiront, le monde sera au bord du gouffre. Le détroit d'Ormuz sera probablement bloqué par les Iraniens, le prix du baril de pétrole crèvera la barre des 200 $, les bourses chuteront, la consommation et les investissements s'effondreront.
La balle sera alors dans le camp de la Maison-Blanche...
Ce scénario-catastrophe est au nombre des dix événements qui menacent l'Occident selon Alain Minc.
Ce proche de Nicolas Sakorzy au curriculum vitae long comme une journée sans fin (ingénieur, politologue, énarque, etc.) vient de publier Dix jours qui ébranleront le monde chez Grasset. Un essai de 140 pages qui se dévore le temps de crier ciseaux et qui donne froid dans le dos.
Les autres catastrophes appréhendées sont :
1. Gazprom se sert effrontément des règles du jeu capitaliste pour lancer une OPA sur Total.
2. La Chine envahit Taïwan et, impuissants, les Américains ne peuvent que... constater.
3. En proclamant son indépendance à l'issue d'un référendum où le OUI l'emporte à 59 %, l'Écosse ouvre la voie à tous les irrédentismes locaux qui subsistent en Europe.
4. L'euro vaut 2,50 $ et ce repli du dollar provoque une crise financière violente, globale et difficilement maîtrisable.
5. La France comptera plus d'habitants que l'Allemagne vers 2050.
6. Viendra un jour où ce sont les Asiatiques qui rafleront tous les prix Nobel, preuve que la transmission du pouvoir scientifique a été largement sous-estimée par les Occidentaux.
7. Les terroristes mettront la main sur une arme nucléaire tactique, si ce n'est déjà fait, et chercheront à s'en servir.
8. Les jeunes mâles blancs, ambitieux et compétents finiront par rejeter violemment la discrimination positive qui permet à une femme noire handicapée de leur passer devant le nez. Rien de raciste dans cette attitude, simplement un ras-le-bol généralisé.
Et cette dixième menace bien de son temps : Google achète le New York Times et transfert toutes ses activités sur la toile.
Partout ailleurs c'est le même scénario qui se reproduit. Le papier est mort. Vive le nouveau journalisme où tous devront se soumettre à l'obligation de l'interactivité devenue l'alpha et l'oméga. Un métier sans savoir-faire particulier, allant de l'écrit à l'image, sans priorité et sans spécialisation.
Les conséquences? Je cite Alain Minc : «Tous les faits se vaudront, toutes les opinions seront équivalentes, tous les savoirs se neutraliseront. Les optimistes y verront la forme parfaite de l'hyperdémocratie, les pessimistes y verront le paroxysme du populisme. Mais nul retour en arrière ne sera possible.»
Et il ajoute : «Apparaîtront d'habiles professionnels de cette nouvelle religion, dialecticiens malins capables de rebondir sur les réactions de la communauté internaute et de la modeler autant qu'elle les travaillera au corps.»
Inquiétant, vraiment inquiétant...










