Atteinte d'une maladie incurable, une Britannique s'était adressée aux tribunaux pour demander que son mari ne soit pas poursuivi au cas où il l'aiderait à se suicider.
La demande est remontée jusqu'à la Chambre des lords. Qui a consenti à la requête de la dame.
Le point de vue de Guy Bedos ne vous a pas laissé indifférent.
À preuve ce commentaire de Thomas Ouellet-Saint-Pierre :
«Je n'ai pas lu le livre de Guy Bedos. Je ne le lirai pas. Vous dites qu'il prétend que mourir dans la dignité, c'est le droit de pouvoir choisir le jour et l'heure de sa mort.
«Vraiment ?
«Je ne voudrais pas m'étendre sur ce qu'est la dignité, mais j'ai l'impression que M. Bedos en a une vision qui me semble épouser davantage les contours d'un confort que d'un respect.
«Comprenez-moi bien, je suis d'accord avec l'auteur : l'euthanasie devrait être légale. Pas parce qu'il y a là un droit humain de choisir le jour et l'heure de sa mort (le jour et l'heure, n'est-ce pas un peu puéril?), mais parce que c'est une possibilité humaine qui, dans certains cas, correspond aux envies humaines de confort, de fuite de la douleur.
«Pour les gens comme M. Bedos, la dignité de mourir quand on le veut, c'est le caprice le plus naturel : s'éviter sa propre laideur, sa propre douleur, son propre inconfort. Je partage ce caprice avec mes frères humains, mais je trouve tendancieux et mythomaniaque de le déguiser en dignité, en grandiloquent humanisme, en empathie, en droit.
«Vouloir s'éviter un peu de douleur est-il si laid que l'on doive, par une étrange gymnastique lexicale, le transformer en pose élégante?
«Qu'en pensez-vous?»
J'en pense, mon vieux. Mais pas de votre manière.
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Lisez Pitié pour les hommes du Dr Denis Labayle, m'écrit Yvon Bureau. Publié par Stock, c'est un plaidoyer pour la dépénalisation de l'euthanasie.
Travailleur social et consultant bénévole pour Mourir digne et libre, Yvon Bureau en profite pour dire :
«L'euthanasie pourrait faire partie des soins appropriés dans certains cas. C'est l'une des positions que le Groupe de travail en éthique clinique du Collège des médecins du Québec recommande au conseil d'administration du Collège.
«Le Collège perçoit vis-à -vis de l'euthanasie une tolérance sociale croissante et il est conscient qu'elle interpelle de plus en plus les médecins. L'euthanasie constituerait une solution ultime lorsque toutes les autres options auraient été épuisées.
«À 80 %, la population québécoise est en faveur d'une aide médicale pour mourir, si elle est pratiquée dans un cadre défini, sécuritaire et périodiquement évalué. Deux personnes sur trois recevant des soins palliatifs désirent avoir cette possibilité, au cas où ça irait mal.
«Nous verrions le nombre des suicides diminuer chez les aînés, chez les personnes avec des maladies évolutives et chez les finissants de la vie.
«Nous ne verrions pas des personnes ou des groupes, d'ici ou d'ailleurs, venir donner des sessions de formation sur comment mettre fin à ses jours. Nous ne verrions plus des finissants de la vie aller en Suisse pour une aide au suicide.
«Nous verrions, en soins palliatifs, diminuer les douleurs incontrôlables. Même si de grands progrès ont été accomplis dans le soulagement de la douleur, il reste toujours des situations inacceptables pour les malades, une immense souffrance et un refus d'une existence qui n'est qu'une succession d'humiliations dégradantes et indignes.
«Nous verrions enfin un grand désir des aînés, très majoritairement exprimé, devenir davantage à la portée du possible : mourir chez soi.»
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Pour ceux qui veulent approfondir leur réflexion, cet opuscule du philosophe français Roger-Pol Droit : L'éthique expliquée à tout le monde. 120 pages publiées par Seuil.
L'éthique, rappelle-t-il, c'est le souci des autres, le souci que nous avons de leur existence, de leur présence, de leurs attentes, de leurs désirs, de leur dignité et de leur liberté.
Concernant le droit d'un grand malade de pouvoir ou non choisir le jour et l'heure de sa mort, il écrit :
«En médecine, il y a toujours eu des questions éthiques à débattre, parce que les médecins sont systématiquement en première ligne dans les choix concernant la vie et la mort [...] Tout ce qui est possible ne doit pas nécessairement être réalisé. En fait, ce sont des choix de société qui se dessinent. C'est pourquoi ils doivent devenir l'affaire de tous.»
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