Voilà pourquoi les photographies du Hongrois Gabor Szilasi sont si importantes.
Pendant les années 70, il a parcouru le Québec. En particulier Charlevoix, la Beauce et Lotbinière. Il y a pris des centaines de photographies.
Quel genre, ces photographies? Des portraits, des vues d'intérieur, de l'architecture, des paysages, des scènes urbaines.
Il a photographié le Québec intime avec objectivité et sympathie.
L'ensemble de ces clichés a fini par constituer l'une des plus importantes contributions à la photographie au Canada. Il est vrai que Gabor Szilasi conçoit la photographie comme une «pratique historique, culturelle et sociale». Ce qui veut dire? Ce qui veut dire qu'il privilégie le réalisme et qu'il voit la photographie comme un outil de mémoire.
Cet été, le Musée d'art de Joliette a programmé une rétrospective de ses oeuvres. Depuis, cette exposition s'est déplacée au Musée canadien de la photographie contemporaine à Ottawa.
Cet hiver, ce sera au tour du Musée McCord, à Montréal, de lui prêter ses cimaises.
En marge de cette tournée, un catalogue. Ou, plutôt, un beau livre. Que l'on feuillette avec émotion.
Le Québec vu par Gabor Szilasi est fait de gens simples et modestes. Ce Québec-là a quelque chose d'extrêmement touchant. En fait, c'est sa vérité qui est touchante.
Les premières photographies de ce livre sont consacrées à la Hongrie. En particulier à Budapest avant et pendant le déferlement des troupes du Pacte de Varsovie, en 1956.
Un quart de siècle après être parti de son pays, Gabor Szilasi y est retourné. Et il a photographié les lieux qu'il a connus dans sa jeunesse. Le contraste entre le passé et le présent est intéressant. On y constate l'évolution de l'artiste, une sensiblité différente, une technique mieux maîtrisée.
GABOR SZILASI. L'éloquence du quotidien, MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA et MUSÉE D'ART DE JOLIETTE, 240 PAGES, 55 $











