Le premier d'entre eux est signé Ian Kershaw, l'un des meilleurs spécialistes de cette période sinon le meilleur : Choix fatidiques. Un livre de 816 pages publié par Seuil.
C'est une impressionnante analyse dans laquelle l'historien de l'université de Sheffield s'attarde sur une dizaine de décisions qui ont influencé le cours des événements.
Quelles décisions?
1. Au printemps 1940, le Royaume-Uni refuse de lâcher prise.
2. Le 21 juillet 1940, Hitler annonce à son état-major son intention d'attaquer l'Union soviétique.
3. Durant l'été 1940, le Japon étend ses opérations en Asie du Sud-Est.
4. À l'automne 1940, Mussolini veut sa part du gâteau et attaque la Grèce.
5. Au printemps 1941, Roosevelt s'engage à donner un coup de main à la Grande-Bretagne.
6. En juin 1941, la Wehrmacht envahit l'URSS et Staline refuse d'écouter ses officiers.
7. Au cours de l'été 1941, Roosevelt se lance dans une guerre non déclarée.
8. Le 7 décembre 1941, les Japonais bombardent Pearl Harbor.
9. Le 11 décembre 1941, l'Allemagne déclare la guerre aux États-Unis.
10. Le 12 décembre 1941, Hitler décide de procéder au génocide des Juifs.
En l'espace de 18 mois, la guerre est devenue mondiale. Horreur et violence ont pris des proportions inouïes.
Autre livre, tout aussi majeur : Journal de Berlin, 1934-1941 que publient les Presses de l'Université Laval. Un document de 672 pages.
C'est la chronique au quotidien d'un journaliste américain, William L. Shirer, qui fut correspondant en Allemagne et en Autriche pour la Universal News Service, puis pour la Columbia Broadcasting System.
Il a rendu compte de la montée en puissance des nazis et, notamment, de leurs sinistres grand-messes à Nuremberg.
Selon ce qu'il dit, ce travail était loin d'être une sinécure : «La vie sous le Troisième Reich était devenue précaire, sinon dangereuse, pour les étrangers.»
Il n'y a pas qu'en Allemagne où la vie était devenue précaire et dangereuse. Ce fut le cas partout en Europe. L'éditeur Armand Colin publie un livre, Résistance, histoires de familles, dans lequel des familles de résistants français ouvrent leurs archives.
Une plongée dans l'intime pour montrer que ces résistants anonymes n'ont pas agi seuls. Sans la complicité de leurs proches - parents, enfants, cousins, amis - jamais ils n'auraient pu se mobiliser et combattre.
Inutile de préciser que cette complicité était si risquée que plusieurs l'ont payée de leur vie.
Ce livre de 176 pages reproduit en grand nombre photos et documents d'époque.
Un mot sur les auteures : Dominique Missika est productrice à France Culture et elle a écrit plusieurs ouvrages sur l'Occupation; Dominique Veillon est directrice de recherche au CNRS et a beaucoup travaillé sur la Deuxième Guerre mondiale.
Romancier libanais, Alexandre Najjar publie chez Plon un roman de 288 pages dans lequel il raconte les Jeux olympiques de 1936. Ce roman à saveur historique s'intitule Berlin 1936.
L'organisation de ces jeux ne visait qu'un but : célébrer la renaissance de l'Allemagne en faisant passer le national-socialisme pour un système politique... pacifique!
Des jeux dont l'Histoire retiendra les noms de Jessie Owens, l'athlète noir américain qui remporta quatre médailles d'or au grand dam des Allemands, et de Leni Riefensthal, une cinéaste immensément talentueuse au service d'une cause indéfendable.
Dans ce récit, on croise le baron Pierre de Coubertin. Qui n'avait rien compris de ce qui était en train de se passer en
Allemagne.











