Catherine Ferland est historienne. Prof à l'Université de Sherbrooke, elle est membre de l'Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française.
Parenthèse pour dire que cette encyclopédie est un projet de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire. Sous la direction de Laurier Turgeon et d'Yves Bergeron, ce projet a pour but de répertorier et d'étudier les principaux biens patrimoniaux de l'Amérique française. Fin de la parenthèse.
Catherine Ferland publie chez Septentrion un respectable ouvrage de 426 pages intitulé Bacchus en Canada.
C'est un livre savant dans lequel l'auteure «reconstitue la chaîne de consommation de l'alcool en Nouvelle-France». Elle est allée fouiner dans les cabarets que fréquentait le populo, dans les soirées où les aristos cherchaient à se désennuyer, dans les villages amérindiens des environs.
Que buvait-on? Du vin et des boissons importés de la mère patrie, bien sûr. Mais, surtout, de la bière, du cidre, du vin et des alcools produits ici. À l'époque, la vigne et le houblon poussaient à l'état naturel. Faisant du Canada une véritable «terre de Bacchus».
Rappelez-vous, Jacques Cartier avait nommé île de Bacchus le gros bouchon qui délimite le fleuve Saint-Laurent de son estuaire à la hauteur de Québec et qui est mieux connu aujourd'hui sous le nom d'île d'Orléans.
Attention, la vallée du Saint-Laurent n'est pas la vallée de la Loire. Pierre Boucher, sieur de Boucherville, faisait remarquer que le raisin d'ici n'était pas aussi gros que celui des vignes de France, et les grappes n'étaient pas aussi fournies.
À l'origine du livre de Catherine Ferland, une thèse de doctorat à l'Université Laval.
Trois parties dans cette étude : 1. Les boissons alcooliques consommées ici, d'où viennent-elles et que coûtent-elles? 2. Les manières de boire en Nouvelle-France, légèrement différentes de celles des vieux pays. 3. Le phénomène de la consommation d'alcool chez les Amérindiens et ses dramatiques conséquences.
Un livre sérieux, certes, mais joliment illustré. Deux types d'illustrations : des photos d'artefacts trouvés lors de travaux à place Royale et des reproductions d'acryliques signées Sophie Moisan.
Originaire de Rivière-à-Pierre, Sophie Moisan a longtemps vécu à Lourdes-de-Blanc-Sablon. En 2004, elle décidait de lâcher l'enseignement et de se consacrer exclusivement à son art.
Lauréate du prix Découverte au gala Académia XXI, qui a eu lieu en mai au Musée des beaux-arts de Montréal, Sophie Moisan s'est associée avec le conteur Fred Pellerin. Le coup de coeur entre les deux artistes s'est produit lorsque Pellerin a vu son interprétation de la légende de la chasse-galerie.
Pour le livre de Catherine Ferland, l'artiste peintre a créé une quinzaine de toiles.
Cette collection fut présentée lors du symposium Eaux en couleurs à Rivière-à-Pierre, en septembre. On peut voir des oeuvres de Sophie Moisan à la Galerie d'art Christine Genest, à Cap-Santé.











