Dominique Bertrand a reçu la visite de Dieu

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Didier Fessou
Le Soleil

(Québec) Dieu existe. Dominique Bertrand l'a rencontré. Et c'est lui, Dieu, qui est allé lui rendre visite chez elle.

Un gentilhomme!

Cela se passe pendant l'hiver 1998. Dominique Bertrand vient de perdre son conjoint, Jean, victime d'une crise cardiaque pendant une partie de squash.

Elle est terrassée par le chagrin. Elle dérive pendant des jours entiers. Elle vit des moments voisins de l'hallucination, des brèches terrorisantes de folie pure.

Un jour de pluie, en mars, elle va frapper aux portes des presbytères. Mais les lumières sont éteintes et les prêtres sont ailleurs.

Alors Dieu, dans son infinie bonté, prend les choses en main.

Écoutons Dominique Bertrand expliquer ça :

«Recroquevillée sur le canapé du salon, maigre à faire peur, à bout de nerfs comme de larmes, je fus saisis soudainement et sans avertissement d'une violente sensation vibratoire. J'eus l'impression de ressentir un choc électrique fulgurant de la tête aux pieds. Pendant ces secondes ou ces minutes pétrifiantes, j'avais le sentiment que se déversait sur ma tête une invisible coulée de miel chaud et lumineux.»

Du miel chaud... Intéressant.

Elle précise :

«Quelque chose me rentrait dedans par je ne sais où avec une force qu'il m'est encore aujourd'hui impossible de dépeindre. Quand l'étreinte s'est finalement relâchée, je me suis mise à pleurer comme une enfant. J'étais secouée de sanglots profonds qui trouvaient leur source dans une émotion plus que submergeante, dans la parfaite pureté de la vérité qui s'imposait à moi : Dieu existe.»

Et elle ajoute :

«À ce moment précis, j'ai su qu'on ne meurt pas. Dès lors, j'ai su que la vie se poursuit après la mort. Et je le sais toujours. Dieu, comme un soleil, illumine tout. Baigne tout, même les recoins les plus obscurs de ma vie.»

Cette preuve de l'existence de Dieu, vous la trouverez dans une autobiographie publiée non par Médiaspaul mais par les Éditions de L'Homme.

Cette autobiographie s'intitule Démaquillée et elle est signée Dominique Bertrand.

Ce livre de 288 pages n'est pas autre chose qu'un long article de Dominique Bertrand sur elle-même! Une sorte d'autopromotion. Plus court, ce panégyrique aurait pu trouver sa place dans n'importe quel magazine féminin.

Dominique Bertrand est une personnalité médiatique montréalaise.

Elle a commencé sa carrière comme mannequin. Pas mannequin à la petite semaine pour le Roi de la gaine-culotte, mais mannequin international. Avec appartement à Manhattan, photos sous les tropiques et tout le bataclan glamoureux.

Ces choses-là n'ont qu'un temps. Elle a donc offert ses services à Quebecor pour diriger la revue Clin d'oeil. Elle avait d'autant plus besoin de travailler qu'elle était la mère de la huitième merveille du monde, une enfant au doux prénom de Rosemarie.

Après ça, c'est à Canal Vie qu'elle est allée donner sa pleine mesure. Elle y a fait la pluie et le beau temps à titre de directrice de la programmation.

C'est là où j'ai eu l'occasion de la croiser à plusieurs reprises. Je peux dire que c'est une belle femme : grande, élégante, la classe, supérieurement intelligente et volontaire. Mais pas chaleureuse pour cinq cennes, hautaine et souvent méprisante. Une snob? Oui, dans le genre.

Faut croire que sa rencontre avec Dieu la situait au-dessus du commun...

Après Canal Vie, elle est allée se faire voir à la télévision et se faire entendre à la radio. C'est une redoutable donneuse de leçon qui sait tout sur tout.

Ce livre, Démaquillée, c'est le témoignage d'une femme ambitieuse et talentueuse. Une femme qui aime les hommes parce qu'elle a le coeur dans le sexe. Hélas, elle est souvent tombée sur des insignifiants et des deux de pique.

Au fil des pages, elle se livre totalement et sans fausse pudeur. J'ose le jeu de mots : dans ce livre, elle s'effeuille. Par exemple, quand elle pleurait la mort de Jean, elle écrit qu'elle ne prenait plus la peine d'entretenir sa toison pubienne.

Je ne sais pas comment vous qualifiez ce genre de détail intime, mais moi j'appelle ça de l'exhibitionnisme!

Les moeurs étant ce qu'elles sont, ce livre vivant et bien écrit aura du succès auprès des lectrices. Qui seront ravies d'apprendre que Dominique Bertrand a rencontré l'autre grand amour de sa vie en la personne de Jacques.

En prime, de nombreux conseils, des trucs pratiques, beaucoup de psycho pop, des réflexions et des commentaires. Tiens, on se croirait dans un épisode de l'émission Les copines d'abord. Avec sa petite morale cucul-la-praline et ses préjugés à la con.

Comme celui-ci : «Les bars de danseuses nues, bien qu'ils soient glauques et dégradants, me semblent beaucoup moins dommageables pour l'intégrité des femmes que ne l'est le port du niqab ou de la burqa.»

Qu'est-ce qu'elle en sait?

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