C'était en janvier 1995.
Depuis, l'évêque des sables a pris sa nomination au sérieux.
C'est un tiers-mondiste qui milite très médiatiquement en faveur des droits de l'homme. De préférence quand cet homme est musulman.
À Noël, il était au Caire en compagnie d'activistes européens qui souhaitaient aller marcher en faveur des Palestiniens à la frontière entre Gaza et l'Égypte.
La police égyptienne les en a empêchés.
Du coup, ils ont occupé la rue devant l'ambassade de France. Au grand bonheur d'al-jazira.
Au même moment, en Égypte, les Coptes étaient victimes une fois encore d'agressions, de violences et de pillages.
À Naga Hamadi, la police a tiré dans
le tas. Cinq Coptes ont été tués. Peut-être sept.
L'Italie a protesté.
Puisqu'il était sur place, Gaillot aurait pu en faire autant.
Eh bien, il a choisi de se taire.
Sur le moteur de recherche de son site, partenia.org, j'ai tapé le mot copte. Et j'ai obtenu cette réponse : «no pages were found containing copte».
Les Coptes sont des Chrétiens. Ce sont les descendants des anciens Égyptiens.
Direction le Liban.
Tout le monde a en mémoire le massacre des 460 Palestiniens des camps de Sabra et Chatila en septembre 1982. Sous le regard indifférent de l'armée israélienne.
Mais qui se rappelle le massacre des 500 Chrétiens de Damour en janvier 1976?
Mesurées à l'aune de la rectitude politique ambiante, il y a de bonnes victimes : les Palestiniens. De moins bonnes victimes : les Juifs. Et de mauvaises victimes : les Chrétiens.
Chez Flammarion, l'essayiste français René Guitton publie un livre terrible, un livre de 336 pages au titre bouleversant : Ces Chrétiens qu'on assassine.
Guitton oeuvre depuis des années pour un dialogue philosophique, culturel et religieux entre la chrétienté et le monde musulman. Son éditeur le définit comme un «passeur infatigable entre l'Orient et l'Occident».
Un homme de bonne volonté, quoi!
Dans Ces Chrétiens qu'on assassine, Guitton dresse le livre noir de la christianophobie. Le lire donne froid dans le dos.
Des milliers de Chrétiens sont massacrés chaque année.
Pour l'essentiel, c'est dans les pays musulmans que cette christianophobie est à l'oeuvre. À des degrés divers selon les pays. Curieusement, ce sont souvent les pays qui ont mauvaise réputation qui foutent la paix aux Chrétiens.
Voici une carte de cette christianophobie.
Les pays où, mises à part quelques tracasseries, les Chrétiens ont la paix : Tunisie, Libye, Jordanie, Syrie, Iran, et tous les petits émirats du golfe persique.
Le pays où, sauf l'Islam, toute pratique religieuse est rigoureusement interdite : Arabie saoudite.
Les pays où les Chrétiens commencent à avoir des problèmes : Maroc, Turquie, Cisjordanie, Bangladesh, Indonésie.
Les pays où les Chrétiens risquent leur vie : Afghanistan, Pakistan, Irak.
Les pays où les Chrétiens sont violentés : Algérie, Liban, Gaza, Égypte.
Sans oublier les pays africains où les Chrétiens ne sont pas les bienvenus : Soudan, Éthiopie, Érythrée, Nigeria.
En Afrique noire, les Chrétiens vivent des jours difficiles. Notamment au Sénégal.
À propos, et en Israël? Qu'ils soient arabes ou occidentaux, les Chrétiens y sont traités en citoyens de deuxième classe et subissent discriminations et vexations.
Et la très pacifique et très tolérante Inde? Oubliez Gandhi et l'image d'Épinal, haine et violences sont le lot des Chrétiens.
En Orient, le mot Chrétien englobe bien des sensibilités : catholiques, protestants, orthodoxes grecs, coptes, maronites, syriaques, chaldéens, assyriens, autocéphales, syro-malabars, syro-malankars, nestoriens, et j'en passe.
Dans cet Orient où rien n'est jamais simple, le christianisme est perçu comme un avatar du fait colonial. Les Chrétiens servent de boucs émissaires et paient pour les «fautes» de l'Occident.
Pourtant, les Chrétiens étaient établis dans la région bien avant la conquête arabo-musulmane des VIIe et VIIIe siècles.
Invité par l'organisme Aide à l'Église en Détresse, René Guitton séjournera au Québec à la fin du mois. Il y donnera une série de conférences sur un sujet tabou dans nos médias : la persécution des Chrétiens.
Vous pourrez le rencontrer à Québec le dimanche 28 février. À 14 heures à la cathédrale.
Vous pourrez lui poser des questions sur cette ONG américaine qui s'appelle Abraham Path et qui a organisé un itinéraire de randonnée à travers la Turquie, la Syrie, la Jordanie, Hébron, le Néguev, l'Égypte et l'Arabie Saoudite.
Il s'agit de marcher sur les traces d'Abraham, le patriarche des trois grandes religions du monothéisme.
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