«Madeleine et son frère correspondaient depuis l'adolescence, une correspondance qui s'est poursuivie jusqu'au décès de Jacques en 1985. J'ai hâte que ces lettres paraissent, car ça nous en apprendra beaucoup sur Jacques et Madeleine Ferron durant leur jeunesse», a expliqué au Soleil celui qui a lu quelques-unes de ces lettres.
«Certaines écrites par Jacques à sa soeur ont été publiées dans les Cahiers Jacques Ferron chez Lanctôt Éditeur. On y constate le ton protecteur qu'il emprunte pour parler à Madeleine, qu'il conseillait dans ses lectures et qu'il critiquait aussi parfois. J'espère que Nicolas, le fils de Madeleine, s'occupera de faire publier tout ça, car pour le Québec, ces écrits sont un véritable monument national!» enchaîne-t-il.
Appartenance régionale
«Comme romancière, Madeleine tentait de se démarquer de son frère en utilisant un style tout à fait différent. Je la taquinais en disant qu'elle écrivait comme une bonne soeur qui a défroqué!» poursuit-il, ajoutant qu'elle avait beaucoup apporté à la littérature québécoise en ce qui a trait à l'appartenance régionale. «Elle est devenue beauceronne et défendait ce pays, elle lui a donné une représentation nationale culturelle qu'elle n'avait pas avant», résume Victor-Lévy Beaulieu.
L'auteur Beauceron Gervais Lajoie, qui a signé avec Bernard Beauchemin, Raymonde Labbé et André Garant l'essai biographique Madeleine Ferron, l'insoumise, partage aussi cette opinion. «Peu de monographies sur la Beauce ne citent pas Les Beaucerons, ces insoumis. Un psychologue de Rivière-du-Loup qui était venu s'installer en Beauce m'a même déjà avoué que ce livre lui avait permis de se faire une idée assez juste des Beaucerons.»
«Madeleine Ferron était une grande Québécoise, plus grande que je ne l'imaginais au départ. Je croyais écrire un essai de 150 pages sur elle, mais j'ai vite vu que ce serait impossible. Je suis allé chercher de l'aide, et le projet est devenu une oeuvre à quatre auteurs comptant 616 pages!» conclut M. Lajoie.











