François Lévesque: le passé revient

En exergue de son roman, François Lévesque, qui... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

En exergue de son roman, François Lévesque, qui est aussi critique de cinéma au journal Le Devoir et à l'agence de presse Mediafilm.ca, écrit la définition d'un type de film bien particulier : le slasher movie. Son roman est en quelque sorte un hommage à ces films dont François Lévesque a pris un malin plaisir à emprunter les codes.

Le Soleil, Patrice Laroche

Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) Une image vaut mille mots, dit-on. Au moment où on se présente à l'entrevue avec François Lévesque, celle qui frappe est son t-shirt à l'effigie de Jason, le tueur au masque de gardien de but de la série Vendredi 13. Un coup d'oeil qui traduit l'essence de l'écrivain et de son roman Les visages de la vengeance. Un voyage noir au coeur d'une petite communauté où des adolescents sont tués par des méthodes dignes des bons vieux films sanglants.

L'allusion à Vendredi 13 n'est pas anodine. En exergue de son roman, François Lévesque, qui est aussi critique de cinéma au journal Le Devoir et à l'agence de presse Mediafilm.ca, écrit la définition d'un type de film bien particulier : le slasher movie. Ces productions ultra-typées où les victimes sont éliminées une à une par un tueur psychopathe.

Son roman est en quelque sorte un hommage à ces films dont François Lévesque a pris un malin plaisir à emprunter les codes. «Je ne suis pas quelqu'un de sombre du tout, mais je me plais à créer ce genre d'univers. C'est ce type de romans que je lisais, les films que je regardais», explique l'auteur à propos des Visages de la vengeance, la suite d'Un automne écarlate, paru l'an dernier.

Premier tome

Dans ce premier tome fort réussi, François Lévesque nous présentait Francis, un enfant brisé à l'équilibre psychologique troublé par les abus de son père. Tout cela sans compter sur les durs de l'école qui lui réservaient un sinistre cocktail quotidien de taloches et d'intimidation. Assez pour que l'enfant se réfugie dans un monde parallèle inspiré des films d'horreurs des années 80, jusqu'à perdre contact avec le réel et à commettre l'irréparable.

Quitte pour sept ans en institution psychiatrique, Francis a maintenant 17 ans. On est en 1994, et le jeune homme devra réapprendre à composer avec le monde extérieur, son amie Geneviève, devenue un peu bizarre, sa mère internée et ses anciens bourreaux.

Médicaments et conseils d'un ambitieux pédopsychiatre en main, Francis, devenu froid et cynique, est prêt à affronter le monde. Prêt, vraiment? Rien n'est moins sûr alors que ses souvenirs de son passé trouble refont surface et qu'une mystérieuse série de meurtres secoue de nouveau la petite communauté de Saint-Clovis, plongée dans une crise économique qui n'a rien pour éclaircir la grisaille ambiante.

Gris, gris très foncé, serait d'ailleurs la couleur tout indiquée pour ce roman rythmé à l'atmosphère glauque.

Gris aussi pour les nuances des personnages qui ont chacun leurs parts d'ombre. «Je ne voulais pas de personnages tous noirs ou tous blancs. J'aime que tous les personnages aient leurs bibittes», explique François Lévesque, qui s'est amusé à brouiller les pistes.

Difficile d'en dire plus sans dévoiler l'intrigue, mais disons que le titre, Les visages de la vengeance le dit, la vengeance n'est pas unilatérale et elle peut venir de partout.

Si le premier tome était davantage axé sur la psychologie du personnage de Francis, le deuxième opte clairement pour une intrigue dans la pure tradition du roman qui nous fait nous demander «qui a tué?».

«Je me suis éclaté dans le rythme avec des fins à tiroirs. Je me suis beaucoup amusé avec cet exercice de style», poursuit l'écrivain de 31 ans originaire de l'Abitibi-Témiscamingue.

Quant au climat des années 90, François Lévesque a pris plaisir à multiplier les clins d'oeil à la culture pop ambiante avec des allusions à Kurt Cobain et autres Beck. «C'était important de bien camper l'époque en parlant de repères auxquels on s'identifie à l'adolescence.»

La passion de l'auteur pour le cinéma est, comme dans Un automne écarlate, encore bien présente. Au-delà du style inspiré d'un slasher, François Lévesque fait référence à plusieurs films, dont La petite fille au bout du chemin, Génération perdue ou Le bal de l'horreur. Au total, une douzaine de thrillers ou de films d'horreur que l'auteur a consignés dans un index à la fin de son roman. «C'est une façon de partager ma passion. Et ça doit être mon petit côté pédagogue», conclut l'auteur.

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer