Le motif du boudassage? Trois raisons qui méritent réflexion :
1. ça coûte trop cher pour ce que ça rapporte;
2. les salons sont devenus des géants qui attirent plus les «chasseurs d'autographes» que les acheteurs de livres;
3. la formule est dépassée et il vaudrait mieux avoir un salon plus «resserré» et centré sur la littérature et les essais.
Nous n'en sommes pas rendus là à Québec.
Du 7 au 11 avril, le Salon international du livre de Québec prendra ses aises au Centre des congrès. Les organisateurs y attendent 880 éditeurs et plus de 900 auteurs.
Vous devriez être environ 60 000 à vous y rendre.
Cette année, la présidence d'honneur de l'événement a été confiée à l'écrivain haïtien Dany Laferrière. On peut dire que la saison littéraire 2009-2010 aura été la sienne : prix Médicis, grand prix du livre de Montréal et personnalité de l'année du journal La Presse.
Il aura été de toutes les tribunes et de toutes les manifestations littéraires grâce au roman L'énigme du retour. Il s'apprête à publier Notes à l'usage d'un écrivain chez Mémoire d'encrier.
Hier matin, Dany Laferrière n'était pas personnellement à Québec mais grâce à un duplex dans les studios de Radio-Canada à Paris, il a participé pendant quelques minutes à la conférence de presse destinée à dévoiler les grandes lignes du Salon du livre.
Il a dit que les salons étaient l'occasion pour les auteurs de rencontrer leurs lecteurs. Et il a ajouté qu'un écrivain ne devait pas être au coeur des choses : «L'écrivain, c'est quelqu'un avec un carnet et qui prend des notes.»
L'écrivain ne doit pas être au coeur des choses, à l'en croire, mais lui-même ne refuse pas d'y être.
L'enthousiasme que suscite Dany Laferrière ne manque pas de surprendre. Son roman, L'énigme du retour, est un très joli roman mais ce n'est pas une oeuvre littéraire majeure.
La catastrophe qu'a connue Haïti a ému les administrateurs du Salon du livre. Aussi, ils ont invité une cohorte d'auteurs haïtiens : Gary Victor, Emmelie Prophète, James Noël, Makenzy Orcel, Evelyne Trouillot et Georges Castera.
On remarquera l'absence de Lyonel Trouillot, un écrivain moins en demande que Dany Laferrière mais infiniment plus grave et plus profond.
Comme c'est la tradition, chaque journée aura son invité d'honneur. Ils seront au nombre de cinq : l'écrivain franco-ontarien Daniel Marchedon, l'auteure jeunesse Annie Groovie, l'historien montréalais Jean-Claude Germain, la romancière française Ève de Castro et le romancier québécois Paul Ohl.
Enfin, pour marquer le centenaire de la révolution mexicaine, le Salon du livre fera du Mexique son invité d'honneur. Une trentaine d'auteurs, d'éditeurs et de journalistes mexicains seront donc à Québec du 7 au 11 avril.
En plus des habituelles tables rondes animées par les mêmes animateurs que par les années passées, le Salon du livre sera l'occasion de la remise de plusieurs prix littéraires : prix Adrienne-Choquette de la nouvelle, prix Alibis, prix Champlain, prix de la FADOQ, prix des Univers parallèles, prix J'ai la tête à lire, deux prix de création littéraire décernés par la Ville de Québec, et le prix des Collégiens.
À noter que les détails de la programmation de ce salon seront disponibles sur le site www.silq.ca et seront publiés dans un encart qui sera inséré dans l'édition du 3 avril de votre quotidien préféré.
Cette année encore, le Salon du livre accueillera le Festival de la bande dessinée francophone du Québec. Une soixantaine de bédéistes d'ici et d'ailleurs y seront présents. Parmi lesquels Michel Rabigliati, Guy Delisle, PhlppGrrd et François Miville-Deschênes. Sans oublier la présence des Français Lewis Trondheim, Vincenty Perriot, Lisa Mandel, Matthieu Bonhomme, Alexis Dormal, Adrien Floch et François Bourgeon, de l'Argentin Lucas Varela et du Belge Bernard Vrancken.
Pour finir en beauté, cette question : quels sont les livres qui ont été les plus populaires cette année? Réponse : les livres de cuisine. Il s'en est publié 1600 à Paris et à Montréal.











