Au passage, Anne Nivat déplore qu'un grand nombre de journalistes se rendent en Afghanistan en compagnie des forces armées de leur pays. «Je ne dis pas que c'est toujours mauvais. Loin de là. Mais il faut aussi que des journalistes se rendent là-bas de manière indépendante. Sinon, les États vont croire que les journalistes ne peuvent pas couvrir les guerres sans la protection de l'armée.»
L'été dernier, à la veille des élections présidentielles en Afghanistan, Anne Nivat a rédigé une série de reportages dévastateurs sur la région de Kandahar. De nombreux citoyens s'y plaignaient des exactions commises par les hommes de main du frère cadet du président Karzaï. Au point de comparer l'atmosphère de terreur à celle qui régnait à l'époque des talibans...
Deux burqas
Anne Nivat racontait notamment l'histoire d'une jeune productrice de la radio, qui devait cacher son travail à sa famille et à ses voisins. La jeune femme craignait tout particulièrement que des mouchards ne se doutent de quelque chose, en la voyant sortir trop souvent de chez elle. Alors, elle conservait deux burqas de couleurs différentes, à la maison. Elle les mettait à tour de rôle, pour faire croire aux allées et venues de deux personnes différentes.












