Quentin Gréban: dire sans trop dévoiler

Le livre pour enfants Le rossignol et l'empereur... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Le livre pour enfants Le rossignol et l'empereur paraîtra en avril.

Le Soleil, Steve Deschênes

Alexandra Perron
Le Soleil

(Québec) L'illustrateur belge Quentin Gréban était de passage à Québec cette semaine pour présenter son nouveau livre pour enfants, Le rossignol et l'empereur, qui paraîtra en avril. Son aquarelle pleine de délicatesse et de texture sied particulièrement bien aux contes d'Hans Christian Andersen. Le jeune artiste retrouve chez cet auteur toute l'inspiration dont il a besoin pour créer.

«Ce qui m'accroche sera toujours graphique. Ce sont les idées d'images que me procure l'histoire qui m'intéressent avant tout. Dans ce cas-ci, ça traite de l'Asie et j'avais envie de dessiner sur l'Asie.»

Quentin Gréban précise sa démarche en feuilletant l'ouvrage, qui raconte comment l'empereur de Chine, ensorcelé par le chant mélodieux du rossignol, tente de le remplacer par un oiseau mécanique paré de diamants et de saphirs.... Il pointe cette page pleine de superbes motifs floraux, puis une autre avec un avant-plan flou et le sujet très net derrière. «Ce qui me prend le plus de temps, c'est de trouver comment représenter une scène de façon originale.»

Élevé dans le monde des bandes dessinées, qu'il s'amusait enfant à recopier, il a également fait énormément de dessin d'observation. Ce n'est que vers 18 ans, lors de ses études en illustration, qu'il a développé le dessin d'imagination et qu'il s'est intéressé aux livres pour enfants. Depuis, il s'est inspiré du travail de Lisbeth Zwerger, notamment. Il dit aussi être influencé par le cinéma de Jean-Pierre Jeunet ou de Tim Burton, la peinture de Manet ou de Mucha.

Quentin Gréban donne vie à ses personnages en utilisant l'aquarelle et un croquis de crayon «qui est d'ailleurs de moins en moins poussé» avec le temps.

Sur la quarantaine d'ouvrages qu'il a déjà réalisés, une douzaine sont des histoires personnelles. Il en est venu à l'écriture plus tard, aidé par son frère. «J'avais envie d'illustrer l'histoire d'une petite fille de quelques centimètres de haut, à côté de qui une fleur devenait gigantesque et une fourmi, vraiment menaçante.» Ainsi est née Capucine. Puis Quentin Gréban a tranquillement pris de l'assurance comme auteur. «Que ce soit avec des mots ou des dessins, c'est un peu la même manière de raconter, de dire sans trop dévoiler.»

Il offre de plus en plus de ses propres projets aux Éditions Mijade, tout en continuant d'illustrer des contes classiques.

Quand on lui demande quel est son livre coup de coeur parmi sa collection, il répond en riant : «Le prochain, sinon le dernier.» Après Le rossignol et l'empereur sortira cet automne Pinocchio, puis, l'an prochain, Il y a un dinosaure dans mon cartable (titre provisoire). Il commencera sous peu à travailler sur Alice au pays des merveilles.

Papa de deux fillettes, Quentin Gréban ignore si ses livres plaisent davantage aux filles ou aux garçons. De ses beaux dessins, ni très naïfs ni ludiques, les enfants de son entourage retiennent surtout des personnages, comme Olga la vache ou Suzette la coccinelle. Et c'est très bien ainsi, dit-il.

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