Radio satellite: une fusion est dans l'air

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Patricia Cloutier, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Mariées depuis cet été aux États-Unis, les compagnies XM et Sirius pourraient bientôt s'unir au Canada. «L'avenir de la radio satellite va passer par un seul distributeur. Mais quand et comment ça se fera, je ne le sais pas», affirme André Di Cesare, vice-président de XM Canada, en entrevue téléphonique.

Voilà qui augure bien! Car à l'heure actuelle, il faut choisir entre l'une ou l'autre des deux compagnies quand on s'équipe d'une radio satellite. L'appareil coûte entre 60 $ et 400 $, et l'abonnement, environ 15 $ par mois, alors c'est un «pensez-y bien». On opte pour Jeff Fillion ou pour Howard Stern? On veut entendre Oprah Winfrey ou Martha Stewart?Si les deux compagnies fusionnent, leurs clients pourront piger dans un bassin beaucoup plus grand de stations, tout en gardant l'appareil qu'ils ont déjà, assure M. Di Cesare.

Sauf qu'il y a plusieurs obstacles à contourner avant d'en arriver à une union en bonne et due forme. Au Canada, Sirius est une entreprise privée qui appartient à Radio-Canada (40 %), à Slaight Communication (40 %) et à la compagnie américaine Sirius (20 %), alors que XM est une entreprise publique, c'est-à-dire cotée en Bourse. Ces deux compagnies ont développé des technologies très différentes et n'utilisent pas les mêmes satellites.

Il faut aussi penser que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) aura son mot à dire dans ce projet de fusion. Il n'accepterait certainement pas qu'un monopole prenne forme sans obtenir de garanties sur le pourcentage de contenu canadien et sur les prix. Voilà tout un casse-tête en perspective.

Aux États-Unis, la Commission des communications a exigé qu'après la fusion, le prix d'abonnement à la radio satellite soit gelé pendant trois ans. Pour ce qui est de la compétition, elle a jugé que la radio par Internet et les iPod en offraient suffisamment à la radio satellite.

En progression

Pas encore un média de masse, la radio satellite est toutefois en constante progression au Canada. Sirius décrit ses abonnés comme des adultes âgés majoritairement entre 30 et 50 ans, qui vivent en banlieue et qui doivent utiliser leur voiture fréquemment.

À ceux qui disent que cette technologie prend du temps à s'implanter, Andréanne Sasseville, directrice du développement du contenu canadien chez Sirius, répond qu'elle bat le téléphone cellulaire de vitesse. En trois ans, la radio satellite a fait le plein de plus d'un million d'abonnés au pays, alors qu'il a fallu cinq ans au téléphone cellulaire pour trouver 500 000 preneurs.

Mais c'est au Québec que la radio satellite tarde à conquérir les coeurs. La rareté des stations francophones (cinq pour XM et cinq pour Sirius) pourrait expliquer ce retard. Il est impossible de connaître le nombre d'abonnés québécois que compte Sirius, tandis que XM, qui dit être le plus gros joueur au Québec, aurait 50 000 abonnés dans la province, soit moins de 1 % de la population.

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