Plusieurs gros joueurs autour de la table plaideront pour le développement d'Internet sans contraintes : Bell, Telus, Astral Media, Quebecor, etc. Même le géant américain Google a déposé un mémoire priant le CRTC de résister à la tentation de réparer ce qui n'est pas cassé.Bell est contre l'idée qu'on taxe les fournisseurs de services Internet pour ensuite payer des droits d'auteur aux artistes. Quebecor croit que le CRTC n'a pas le pouvoir de réglementer Internet et lui demande plutôt d'assouplir ses règles envers les médias traditionnels pour que la compétition soit plus équitable.
D'un autre côté, Radio-Canada propose que le gouvernement aide les médias traditionnels, qui éprouvent tous des difficultés financières, pour qu'ils puissent être compétitifs sur Internet.
L'Union des artistes craint quant à elle que, devant l'impossibilité de réglementer efficacement Internet, le CRTC en vienne à déréglementer tous les médias.
En tout, 153 mémoires ou commentaires sont parvenus au CRTC. Et la question centrale de tout ce débat, qui pourrait être houleux, est : comment fait-on comme société pour promouvoir notre langue et notre culture dans un média sans frontières comme Internet?
Pour l'instant, la question ne soulève pas de passions dans la population en général. N'empêche qu'elle concerne tout le monde, même les gouvernements des autres pays, qui jetteront un oeil sur la décision que le CRTC rendra au début de l'été.
En 2006, un rapport du Conseil estimait que si le gouvernement voulait agir et encadrer les nouveaux médias, il devait le faire d'ici trois à sept ans. «Passé ce délai, les mesures correctrices pourraient se révéler inefficaces», a dit Konrad von Finckenstein, le président du CRTC, dans un récent discours. On comprend donc que ces audiences sont décisives pour l'avenir des médias sur Internet. Soit que le CRTC réglemente maintenant, soit qu'il laisse Internet, en tant que nouveau média, lui filer entre les doigts.
CIMI reprend l'antenne
Même si elle ne diffuse plus depuis juillet, CIMI-FM (103,7), la radio communautaire de Charlesbourg, est toujours vivante. Elle a traversé plusieurs mois de chicanes intestines et est passée à un cheveu de la faillite. Aujourd'hui, l'ex-animateur Benoit Carrier et Stéphane Bergeron, propriétaire de Micro Pro, reprennent la station à bout de bras. «Ça n'a pas été facile, mais on est passé au travers. On tourne la page», dit M. Bergeron.
CIMI devrait revenir en ondes vers la mi-mars. D'ici là, les membres du conseil d'administration sont à la recherche d'un local et d'animateurs bénévoles motivés. «On veut donner leur première chance aux jeunes, qui pourront ensuite être repêchés par d'autres stations de radio», explique M. Carrier.
La station se veut la plus ouverte de Québec, celle où tous les groupes de musique et tous les projets d'émission ont leur chance. Mais question de ne pas revivre les excès de langage du passé, CIMI sera dotée d'un code d'éthique. Ceux qui veulent s'impliquer dans cette relance peuvent communiquer avec Benoit Carrier au 418 648-9472.
Veuillez prendre note que cette chronique fait relâche pour deux semaines. De retour le 4 mars.











