Comment ce métier se transformera-t-il? Ceux qui prétendent avoir la réponse «sont des fumistes», dit le professeur de journalisme Florian Sauvageau, dans le documentaire Derrière la toile, diffusé en avant-première mardi à l'Université Laval.
Des fumistes, oui, parce que cette profession nage en plein changement... ou en pleine crise, selon la façon dont on voit les choses. Et c'est ce que montre ce documentaire dynamique et efficace, réalisé par M. Sauvageau et le cinéaste Jacques Godbout. Le film ne pose pas de jugement, mais constate que le journalisme au Québec se transforme. Pas à un rythme aussi fou qu'aux États-Unis, où l'équipe est aussi allée faire un tour, mais quand même.
Suzanne Colpron, du site de nouvelles Cyberpresse, croit que son entreprise est en train de livrer une chaude lutte aux chaînes spécialisées en information. Carole Beaulieu, du magazine L'actualité, se montre ouverte à diffuser de l'information sur les cellulaires. Pierre-Karl Péladeau, le pdg de Quebecor, se demande comment on arrivera à financer les salles de rédaction, alors que les gens veulent des nouvelles tout de suite, et gratuites. Le journaliste-blogueur Patrick Lagacé croit pour sa part que les journalistes doivent prendre la place qui leur revient sur Internet, pour départager le vrai du faux, pour «ne pas laisser l'espace (...) à tous les coucous qui sévissent dans la blogosphère».
Ce documentaire ratisse large. Mais un constat ressort. Avec Internet, les journalistes ont perdu leur monopole. Avant, ils étaient l'unique courroie de transmission entre les personnalités publiques et les citoyens. Mais maintenant qu'un politicien peut créer son blogue pour se faire entendre ou qu'on peut suivre toutes les péripéties de sa vedette préférée sur Facebook, le monde de l'information a changé; il s'est démocratisé.
C'est pourquoi dans le documentaire, le consultant en médias Jean-François Mignon suggère aux journalistes de descendre de leur tour d'ivoire et d'engager une conversation avec le public. Un bon conseil.
Mais même si les citoyens possèdent maintenant tous les moyens techniques pour s'informer, ont-ils le temps de le faire? Qui veut enquêter sur le système de santé, demander des comptes aux gouvernements ou lire les volumineux rapports financiers d'une entreprise après une bonne journée de travail? On aura donc encore besoin d'une source crédible, payée huit heures par jour pour aller chercher, comprendre et mâcher l'information avant de la livrer. Un journaliste, quoi!
Le plus ironique dans tout ça, c'est que ce documentaire qui traite de la révolution d'Internet ne soit même pas diffusé sur Internet. Radio-Canada en a acheté les droits et le diffusera cet automne, à la télé. Sauf qu'à ce moment-là, ça fera déjà un an qu'il aura été tourné et, au rythme où vont les choses, il ne sera peut-être plus d'actualité. Dommage.
Pierre Maisonneuve de retour à l'automne
Depuis la mi-mars, différentes voix animent Maisonneuve en direct, la tribune téléphonique du midi de la radio de Radio-Canada (106,3). C'est que l'animateur Pierre Maisonneuve est en convalescence à la suite d'une opération au dos. Il prendra ensuite l'été pour se reposer et sera de retour en septembre. Son remplaçant officiel est Jacques Beauchamp.











