«Admettons que ça a été une douche froide pour moi», lance François Jacques en entrevue téléphonique. Originaire de Trois-Rivières, Jacky Pop a fait de la radio pour s'amuser à l'université avant de prendre des cours, il y a deux ans. Il a été engagé à Radio X2 alors qu'il était à peine sorti de l'école, travaillant à la production avant de donner la réplique à Marto Napoli, dans Soh-6 et COCKtails.
Normalement, François Jacques se contentait de sortir des gags dans cette émission du retour où une niaiserie n'attend pas l'autre. «Le 11 septembre, c'était la première fois que j'essayais quelque chose de préenregistré», raconte-t-il. Et c'était aussi la dernière.
Il a parodié trois publicités : une de Koodo, une de Bell et une du gouvernement du Québec sur les élections municipales. Très bien montées, ces parodies (que l'on peut toujours entendre en rediffusion au www.radiox2.com) étaient dérangeantes, c'est vrai, mais très drôles.
Selon ce que François Jacques a compris, c'est surtout la compagnie de cellulaire Koodo (appartenant à Telus) qui a manifesté son mécontentement. L'animateur disait par exemple dans sa parodie : «Géritol que les annonces de Coucou mobile sont cheap plates!»
«C'était pour rire, je voulais faire un peu comme RBO dans le temps. Je ne pensais pas que ça aurait eu ces conséquences-là», lance François Jacques.
C'est surtout lorsque les parodies ont été rediffusées le samedi matin sur les ondes de la station soeur, Radio X (98,1), que ça a fait jaser. Le directeur de la programmation de Radio X2, Laurent Boulet, s'est borné à dire qu'il avait pris des «mesures disciplinaires» contre son animateur en le virant le lundi suivant. «J'ai fait une erreur de jeune qui débute dans le métier», admet François Jacques, qui n'est toutefois pas en mauvais termes avec son ancien employeur.
Marto Napoli se dit quant à lui très déçu d'avoir perdu son coéquipier. «Je me voyais dans 10 ans faire encore de la radio avec Jacky Pop», soutient-il.
Toute cette histoire fait réfléchir. On se demande si les entreprises sont trop frileuses lorsqu'on s'attaque à leur image. Ou si elles manquent de sens de l'humour! À la radio, on peut parler de tous les sujets, on peut critiquer tout le monde, sauf ceux qui investissent dans la publicité à la station. Eux, ils sont alors intouchables.
«Le client investit une fortune dans un environnement, une ambiance radio qui fonctionne bien avec son produit, alors il n'a pas envie qu'on s'en prenne à lui à cette même antenne», explique Claude Thibodeau, analyste de la radio.
Peut-être aussi que c'est la sentence réservée à François Jacques qui est trop sévère. Mais comme il n'était pas la vedette de l'antenne, il était plus facile pour Radio X2 de s'en départir.
Marc Picard veut une autre radio
En réaction à notre chronique de la semaine dernière sur la nouvelle antenne CKOI (102,1) à Lévis, Marc Picard, député des Chutes-de-la-Chaudière, trouve «très triste» que des stations de radio passent par Lévis pour ensuite mieux investir le marché de Québec. «Il nous faut une vraie radio locale sur la Rive-Sud, ça manque à l'heure actuelle», dit-il. C'est pourquoi, selon lui, le CRTC devrait octroyer une autre licence sur le territoire lévisien, tout en obligeant cette nouvelle radio à se concentrer sur l'actualité locale et sur les citoyens de Lévis. Reste à voir si le CRTC entendra cet appel.











