Le club vidéo virtuel est à nos portes

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«La masse critique de consommateurs se trouve toujours dans les clubs vidéo conventionnels», soutient Donald Lizotte, président des SuperClub Vidéotron.

Patricia Cloutier, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Depuis vendredi, YouTube s'est transformé en véritable club vidéo. Pour 4 $, les internautes américains peuvent louer certains films présentés au Festival du film de Sundance pour une période de 48 heures. Une nouveauté qui nous laisse croire que l'ère du club vidéo virtuel est à nos portes.

Jusqu'à maintenant, Internet était plutôt considéré comme l'antre du piratage de films. Mais comme l'industrie de la musique, l'industrie cinématographique devra tôt ou tard apprivoiser la bête et s'en faire une amie. Qui sait si le Web ne rendra pas la monnaie de sa pièce un jour?

Parce qu'à l'heure actuelle, rares sont ceux qui regardent des films complets sur leur ordinateur de bureau ou sur leur portable. Selon des données de Nielsen, à peine 1 % des internautes nord-américains s'adonnent à ce genre d'activité en ligne. Ce sont plutôt les films commandés à même la télé du salon (par câble ou satellite) qui rapportent. Mais aussitôt que les avancées technologiques permettront d'avoir une image de grande qualité sur le Web - que l'on pourra transférer sur notre téléviseur -, l'intérêt pour la location de films en ligne grandira.

Des sites comme www.starflix.com ou www.zip.ca se servent déjà d'Internet pour proposer une solution de rechange au club vidéo. On choisit le film que l'on a envie de voir sur le Web, on reçoit le DVD commandé par la poste, on le visionne, et on le renvoie par la poste avant de recevoir sa prochaine sélection.

Mais encore là, on doit composer avec les délais de transport et le fait que le film soit sur un support DVD, qui peut s'endommager après plusieurs visionnements. C'est pourquoi YouTube a décidé de faire comme iTunes et Amazon, soit de plonger le gros orteil dans le marché naissant de la location de films en ligne.

Un marché qui fait saliver les producteurs indépendants. Car avoir une vitrine sur un site aussi populaire que YouTube, c'est beaucoup mieux que de laisser un film s'empoussiérer sur la tablette du bas d'un club vidéo conventionnel.

Au Québec, le SuperClub Vidéotron observe cette tendance virtuelle sans trop s'affoler. «YouTube ne nous fait pas plus peur que l'enregistreur numérique par exemple. On regarde les choses aller et on reste à l'affût», soutient Donald Lizotte, président des SuperClub Vidéotron.

Selon lui, les clubs vidéo vont survivre en misant sur l'expérience en magasin. Un commis qui donne son avis sur un film ou qui conseille le client est une valeur ajoutée, selon M. Lizotte. Les nouvelles technologies ne sont pas très menaçantes pour le moment, car le SuperClub Vidéotron, qui existe depuis 20 ans, a battu des records de ventes en 2008 et en 2009. «La masse critique de consommateurs se trouve toujours dans les clubs vidéo conventionnels. Pour ce qui est de l'avenir, on ne peut jamais dire jamais», conclut M. Lizotte.

De l'aide pour les webtélés

Pour la première fois de sa courte histoire, la webtélé d'ici aura accès à de l'aide financière. Le Fonds indépendant de production a annoncé la semaine dernière qu'il viendrait en aide aux oeuvres de fiction destinées à Internet. Les intéressés ont jusqu'au 31 mars pour déposer leur projet (www.ipf.ca). «La webtélé québécoise n'est pas rentable, mais si on fait la comparaison, la télévision ne l'est pas non plus. On a juste organisé son financement pour qu'elle le devienne. Et comme de plus en plus d'oeuvres culturelles sont présentées sur Internet, c'est normal qu'on vienne en aide à ces créateurs-là», commente Gilbert Ouellette, gestionnaire du Regroupement des producteurs multimédia.

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