Après une rencontre avec Raynald Brière, grand patron de RNC Media, et une fin de semaine de réflexion, Stéphane Dupont, animateur du midi à Radio X (98,1), a finalement décidé de faire les concessions nécessaires pour garder sa place. Il a annoncé à ses auditeurs hier qu'il éliminait la vulgarité, le sexe et les sacres de son émission. Il tâchera aussi de corriger ses erreurs rapidement si ses propos vont trop loin.
Dupont a donc écouté les conseils de Jeff Fillion, prodigués la semaine dernière. «Il m'a dit que si je voulais continuer à travailler en radio et à faire vivre ma famille, je devais m'écraser. Me rouler en boule dans un coin et attendre que ça passe», raconte-t-il. Sinon, Fillion prédisait qu'il serait, tout comme lui, crucifié sur la place publique.
L'animateur se trouve au coeur d'une tempête depuis quelques semaines en raison de ses propos sur Haïti, repris par l'émission Infoman. Aujourd'hui, il fait son mea-culpa. «Je suis allé trop loin, je le reconnais. Je n'aurais jamais dû mettre les mots Haïti et trou à marde dans la même phrase», dit-il.
Il reste encore deux ans et demi à son contrat avec Radio X et il compte maintenant se rendre jusqu'au bout. Ses patrons aussi. Patrice Demers, directeur de la station, soulignait encore hier qu'il «serait bien fou de vouloir s'en départir [de Stéphane Dupont]». Vrai que ses cotes d'écoute, pour une émission du midi, sont excellentes.
L'histoire de Stéphane Dupont en radio commence lors d'une année sabbatique. Ayant perdu son père dans un accident de la circulation et sa mère à cause de la bactérie mangeuse de chair à quelques années d'intervalle, il décide de prendre une pause et de profiter de la vie. «Ce que mes parents avaient plus ou moins fait.» Il quitte son emploi en construction, achète une moto et prend possession de la maison de Pintendre (sur la Rive-Sud de Québec) dans laquelle il est né.
Par hasard, un ami lui parle d'un poste de journaliste sportif à CHEQ (101,3) à Sainte-Marie de Beauce. Comme Dupont est un maniaque de sport, il plonge. C'était en 2000. «Je n'avais aucune nervosité. J'étais assis là comme si j'étais che nous.» Il travaille ensuite quelques mois à CFOM avant d'être engagé à CKNU, dans Portneuf, avec André Arthur, qui lui a donné «des coups de pied au cul».
Stéphane Dupont arrive à Radio X en 2006. À 41 ans, ce père de deux garçons de sept et neuf ans adore ce qu'il fait. Être l'animateur du peuple, le beau-frère de la campagne qui raconte sa vie quotidienne en ondes.
Ça ne le gêne pas de boire durant son émission. Ces temps-ci, c'est de la vodka canneberges. «Ben quoi! Ils boivent du vin à Tout le monde en parle!» lance-t-il. Une émission à laquelle il a été invité à deux reprises, mais où il n'a pas encore mis les pieds.
Même s'il mange des sandwichs «au baloney», Stéphane Dupont a un agent et un gros salaire, qu'il ne veut toutefois pas révéler publiquement. «S'il y a une proximité que je n'ai pas avec mes auditeurs, c'est le salaire», avoue-t-il. Il ne voudrait surtout pas s'éloigner de ceux qu'il appelle affectueusement ses «vers de terre». Pourquoi ce surnom? «Parce que comme société, on se fait piler dessus par nos gouvernements, par tout le monde, mais on continue de ramper, heureux», explique-t-il. C'est ce que lui aussi continuera de faire.











