Alexandre Désilets : faire durer l'ivresse

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Alexandre Désilets : faire durer l\'ivresse

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Le temps de la scène est venu pour l'artiste, qui entend proposer un voyage sonore.

Le Soleil, Steve Deschênes

Valérie Lesage
Le Soleil

(Québec) Une année chanceuse : c'est ce qu'au­ra été 2008 pour Alexandre Désilets. Au printemps, il a lancé Escalader l'ivresse, un premier album salué par la critique. Quelques semaines plus tard, son premier vidéo, L'éphémère, devenait un tube planétaire avec 250 000 visionnements en quel­ques jours (maintenant 300 000).

L'automne arrivé, le temps de nouvelles récoltes : quatre nominations au gala de l'ADISQ.

«Je ne pensais pas en avoir autant! On est nouveaux dans l'industrie (lui et la maison de disques Maisonnette), on arrive un peu de nulle part. Je suis content, les gens de l'industrie ont voté pour nous, même si on a très peu joué à la radio», souligne le jeune artiste.

Une nomination pour le vidéoclip de l'année s'imposait et les autres sont pour l'album de l'année pop-rock, la révélation de l'année et la réalisation, signée Jean Massicotte (Lhasa, Pierre Lapointe).

«Pour le vidéo, on a très bon espoir de gagner. Dès le début, on le regardait en se disant que ce serait le clip de l'année!» raconte-t-il, fébrile.

Avant d'enregistrer ses chansons sensibles, poétiques, rêveu­ses et aériennes, Alexandre Dési­lets a fait le circuit des concours. Un prix à Ma première Place des Arts, un autre à Petite-Vallée et le grand prix à Granby en 2006. A­vant les concours, il a étudié l'agricul­ture à l'Université Laval et la mu­sique électro-acoustique à Con­cordia.

Cet automne, le temps de la scène est venu. Il sera jeudi soir au Petit Champlain et il parle de son spectacle comme d'une série de tableaux impressionnistes ?Désilets s'intéresse aussi à la peinture et à la photographie.

«On essaie de créer un voyage sonore et les tableaux se créent par la lumière, des fois un peu de visuel. J'utilise beaucoup mon corps pour illustrer quelque chose. J'ai travaillé avec un chorégraphe pour transmettre des émotions avec les gestes», dit-il d'une voix frêle, plus jeune que ses 33 ans.

Adolescent, Alexandre Désilets côtoyait des danseurs. À leur con­tact, il a appris à danser aussi et ce langage lui est cher. «Ce que j'aime de la danse, c'est que tu dois passer beaucoup d'émotions par ta seule présence. Pour expliquer des sentiments à travers le corps, il faut aller au fond des choses.»

Aller au fond des choses, toucher l'intime, c'est un peu le credo de l'artiste, allergique au moule de l'industrie, qu'il envisage comme une fabrique d'illusions.

«Ce que je trouve difficile, c'est que c'est souvent plus basé sur le contenant que le contenu. Il y a peu de contenu dans l'intimité, l'intégrité et la dimension spirituelle. Moi, j'ai toujours voulu faire les choses avec authenticité.»

C'est cette volonté qui lui donne la force d'exposer sa sensibilité. Et c'est sa sensibilité qui le rend émouvant. On vous suggère la découverte...

Vous voulez y aller?

QUI : Alexandre Désilets

QUAND : jeudi 2 octobre, 20h

OÙ : théâtre Petit Champlain

BILLETS : 21,50 $

TÉL. :  418 692-2131

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