C'était en 1984. Tout l'été, la troupe de Guy Laliberté avait séduit la population du Québec à l'occasion d'une tournée s'inscrivant dans la programmation des Fêtes du 450e anniversaire de l'arrivée de Jacques Cartier au Canada. Une aventure qui, pour voir le jour, avait nécessité beaucoup de persuasion de la part de son créateur, soit décrocher une participation financière du gouvernement du Québec de l'ordre de 1,6 million $, lui qui n'avait pourtant que 900 000 $ à y injecter.
«Peu à peu, par des petits montants ici et là, ils ont fini par nous donner notre million six cent mille», raconte Guy Laliberté dans Cirque du Soleil, 20 ans sous le soleil.
Malgré des débuts difficiles à tout points de vue, le Cirque du Soleil sortira indemne de ce premier été de tournée, terminant l'année 1984 avec 60 000 $ en banque. De son côté, Guy Laliberté voyait déjà au-delà, comptant sur l'Année internationale de la jeunesse (1985) pour prolonger la vie de son cirque.
Encore une fois, il lui fallut cogner à la porte des bailleurs de fonds. Si le gouvernement fédéral a d'emblée accepté d'investir dans le projet, le gouvernement provincial, lui, se faisait tirer l'oreille. C'est alors que le jeune entrepreneur de 26 ans a décidé de mettre ses contacts à profit.
«Danielle Bouchard du Festival d'été était proche de M. Lévesque. (...) Comme René Lévesque comptait parmi nos admirateurs, il a exercé quelques pressions pour nous obtenir les fonds dont nous avions besoin de Québec en 1985.»
L'année suivante, le Cirque du Soleil connut une tournée désastreuse en Ontario, accumulant un déficit de 750 000 $. L'aide conjuguée du Mouvement Desjardins, de la Caisse d'économie des travailleuses et des travailleurs du Québec et, encore une fois, du gouvernement provincial permettront au Cirque de payer ses fournisseurs et de poursuivre son aventure. En 1987, le Cirque du Soleil connaît d'étincelants succès sur la côte Ouest américaine et devient une entreprise privée.
«Nous visions cela depuis le début. J'avais dit aux organismes de financement que nous n'aurions plus besoin de leur aide d'ici cinq ans», conclut non sans fierté Guy Laliberté dans Cirque du Soleil, 20 ans sous le soleil.










