La rencontre de 10 minutes, chronométrée à la seconde près!, devait en principe porter sur la première des deux opéras auxquels on venait d'assister. Une journaliste de la télé, qui était visiblement là pour d'autres raisons, a toutefois rapidement orienté le cours du propos sur la déclaration de Nicolas Sarkozy concernant le statut politique du Québec dans le Canada.
Pas troublé le moins de monde, Robert Lepage a commencé par répondre qu'il n'avait pas entendu les commentaires du président français, mais qu'il trouvait que la chef du Parti québécois, Pauline Marois, avait eu la réaction la plus équilibrée dans les circonstances. «Les chefs d'État étrangers sont un peu dans l'eau bouillante lorsqu'ils visitent le Québec, ils sont plus ou moins intéressés par notre linge sale, a-t-il fait valoir. S'il était resté un peu plus longtemps, on aurait peut-être pu lui expliquer.»
Le metteur en scène avait auparavant eu le temps de faire remarquer que le nouveau spectacle proposé au public de l'Opéra de Québec est «plus noir, plus sombre et plus difficile» que ceux auxquels on l'a habitué. «Mais je crois que les gens ont apprécié», a-t-il indiqué.
La réaction de l'auditoire s'est en effet révélée très enthousiaste. Erwartung, un défi magistralement relevé par Lyne Fortin, a été accueilli par une ovation. Sa performance est sans contredit le moment fort de la soirée.
Robert Lepage n'a pas caché sa satisfaction. «L'approche de Lyne est très physique. Elle est l'interprète idéale.»
Questionné à propos d'éventuelles nouvelles collaborations à l'Opéra de Québec, celui que les plus grandes compagnies au monde s'arrachent en ce moment a répondu qu'«on cherche désespérément des façons de travailler ensemble. Québec a les équipements pour rêver d'un festival comme celui de Salzbourg. Ça ne veut pas dire qu'on se prend pour Salzbourg. Mais le contexte est idéal en ce moment. Les gens veulent venir jouer à Québec. C'est nous qui manquons des outils nécessaires pour les recevoir.»













