Et Karkwa, qui avait été couronné pour l'album alternatif de l'année lundi dernier, a ajouté deux Félix à sa récolte en remportant les honneurs dans les catégories Auteur-compositeur-interprète (un prix aussi remporté en 2006) et Groupe de l'année. Ce dernier honneur a été une belle surprise puisque Kaïn, un très gros succès de vente, était aussi en nomination.«Faire gagner un groupe qui est moins connu que les quatre autres en nomination, ça montre qu'il n'y a pas que les ventes de disques qui comptent», s'est réjoui le chanteur Louis-Jean Cormier.
Parmi les étoiles de la soirée, il y a aussi eu le duo Alfa Rococo, reparti avec les statuettes de la révélation et de l'album populaire (et aussi avec des sourires éclatants).
«C'est une soirée magique pour nous! a lancé le beau David Bussières. C'est une soirée charnière : il y a eu l'avant et il y aura l'après-Centre Bell!»
C'est néanmoins Céline Dion, à qui l'ADISQ a rendu un vibrant hommage, qui a volé la vedette. Le public et le parterre d'artistes lui ont réservé une ovation de longue durée après que Luc Plamondon eut raconté sa merveilleuse ascension et l'ait transformée, avec René, en couple de lapins, étrange allusion à Alice au pays des merveilles...
«C'est en pleurant que je suis montée sur la scène de l'ADISQ la première fois, et ce soir, ça continue..!» a exprimé la chanteuse, d'un chic absolu dans la simplicité d'une robe noire joliment dessinée. Après les compliments du chef d'orchestre Kent Nagano, sur vidéo, l'OSM et André Gagnon ont joué leur musique pour Céline pendant que défilaient les grands moments de sa vie sur écran géant. Le pape, Streisand, Pavarotti... Celle qui est restée la petite fille de Charlemagne, a dit Plamondon, est aussi la plus grande chanteuse du monde.
«Revoir sa vie en quelques minutes, c'est un choc... Mais quel beau choc vous m'avez donné!» s'est exclamé la chanteuse, qui a ajouté que le plaisir d'être reconnue chez soi était comme le bonheur de se retrouver dans les bras de sa mère qui nous dit : «Je t'aime».
Isabelle Boulay, qui a accouché du petit Marcus il y a seulement quelques jours, est venue chercher en début de soirée le Félix du spectacle de l'année interprète, qu'elle a aussitôt dédié à son fils. «Car nous étions tous les deux sur scène! Il m'a mise dans une forme exceptionnelle et quand il grandira, je lui dirai que ce Félix est aussi le sien.»
La chanteuse a aussi remporté, pour la septième fois dans sa carrière, le Félix de l'interprète féminine de l'année.
Daniel Bélanger a gagné le Félix du spectacle de l'année auteur-compositeur-interprète, mais a été coiffé par Grégory Charles dans la catégorie interprète masculin.
Chanson de l'année
Avec Tous les sens, Ariane Moffatt a réussi l'exploit d'un troisième Félix en autant de disques dans la catégorie album pop-rock. Cerise sur le sundae, Je veux tout a été choisie par le public chanson de l'année. Ces nouveaux trophées iront rejoindre les cinq autres qui garnissent un des pots de fleurs de son logis, a-t-elle dit aux journalistes quand elle est passée en coulisses.
Marie-Mai, pour sa part, a battu Éric Lapointe dans la catégorie album rock.
Tout au long de la soirée, le Gala de l'ADISQ aura tenté de bâtir des ponts entres les générations d'artistes et les styles de musique. Robert Charlebois a rencontré sur scène Les Cowboys Fringants, Ariane Moffatt a été présentée avec le groupe hip hop Radio Radio, Martin Deschamps a uni sa voix à Sans Pression, autre groupe hip hop, décidément à l'honneur hier.
Mariages heureux? Disons qu'ils paraissaient plutôt forcés. Heureusement qu'on a laissé Claude Dubois chanter tout seul la sublime Si Dieu existe.











