Comptant pour 30 minutes, cette portion était la pièce majeure de ce 30e Gala de l'ADISQ, devant une foule en délire de 10 000 spectateurs au Centre Bell. Encore plus que de présenter le gala dans le temple du Canadien, la présence de Céline et de René apportait incontestablement encore plus de grandiose et d'intérêt à cette soirée, menée habilement par Louis-José Houde.
Après un flamboyant numéro musical réunissant Karkwa, Alfa Rococo, Gatineau et une Marjo nouvellement brune, Louis-José a offert un monologue d'ouverture efficace et drôle. Il s'est moqué des techniques de rappel des artistes, tellement prévisibles. «Je n'ai pas joué la seule toune que vous connaissez de moi, mais j'm'en vas!»
Il a décrit Charlebois comme une «défricheuse de la chanson québécoise, qui a tout arraché l'herbe, et l'a toute fumée!» Puis, il a avoué que c'est une chanson de Céline, Des mots qui sonnent, qui jouait à la radio quand il a fait l'amour pour la première fois, ce qui a ravi Céline et René, assis à côté de Thérèse Dion et de Pierre-Karl Péladeau.
L'humoriste s'est retenu de blaguer sur le gérant et mari de la chanteuse, laissant quand même tomber celle-ci : «Ils m'ont dit : «Tu peux faire une blague sur la vie sexuelle du premier ministre, mais René Angélil, va pas là!»
Louis-José Houde a obtenu l'approbation de la foule avec son plaidoyer pour un service en français dans les magasins de disques à Montréal. «Même si j'achetais du Puff Daddy and the Jive Bunny and the Master Mixers, tu me réponds en français.»
«I don't speak French? I don't pay in English!», a-t-il poursuivi.
Il aura fallu attendre l'hommage à Céline pour voir ce gala décoller véritablement. Un peu longuet, le discours de Luc Plamondon, ouvrant l'hommage à Céline et évoquant une fillette de conte de fées, manquait d'intensité malgré son évidente sincérité. Mais le montage d'images d'archives qui a suivi, signé Stéphane Laporte et appuyé par André Gagnon au piano et l'Orchestre symphonique de Montréal, était assurément l'un des plus vibrants jamais réalisés pour la chanteuse. Céline a regardé avec autant d'admiration que d'émotion.
Ici Louis-José Houde, version l'ADISQ
Une fois l'hommage passé, l'animateur a présenté son meilleur numéro, un rappel d'Ici Louis-José Houde, version Gala de l'ADISQ, avec des moments aussi cocasses que Christian Lalancette (André Montmorency) offrant à René Lévesque de lui «trimer la couette». Et le groupe Corbeau en retard et absent au moment de recevoir deux Félix.
Puis, on a revu Daniel Lavoie échapper un trophée, ce qui fera dire à Louis-José : «Il a échappé le Félix deux fois dans sa carrière», rappelant la minable série sur le poète.
Bonne idée de jumeler des genres musicaux pour des numéros plus dynamiques, comme c'était le cas pour Ariane Moffatt et Radio Radio. Même soulèvement de foule pour Robert Charlebois et Les Cowboys Fringants.
Combien on gage que quelques albums de Karkwa se vendront cette semaine dans les magasins de disques? En montant deux fois sur scène, Louis-Jean Cormier et ses compères particulièrement polis ont juré avec le style souvent négligé des groupes gagnants.
Venu rappeler les gagnants de L'autre Gala de l'ADISQ, Babu a trouvé le moyen d'écorcher une fois de plus la langue française en rebaptisant l'ensemble d'Angèle Dubeau «La Piesta», au lieu de La Pietà...
Le succès de La cour des grands à TVA n'a certainement pas nui à Gregory Charles, sacré interprète masculin contre toute attente, et espérant la victoire de Barack Obama mardi soir.
Même si le gala y a déjà été présenté, le Centre Bell aurait pu être trop grand pour l'ADISQ. Au contraire, la foule a donné un sérieux élan au spectacle, la plupart du temps digne d'un 30e anniversaire, malgré une longueur excessive (près de 3h30) et des faiblesses en première moitié de soirée.












