Andrea Lindsay: french romance

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Andrea Lindsay: <i>french</i> romance

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Andrea Lindsay

Valérie Lesage
Le Soleil

(Québec) Des artistes québécois francophones qui chantent en anglais, c'est devenu à la mode. Mais une artiste anglophone de l'Ontario qui chante en français, c'est une exception. Et c'est sûrement une bonne étoile qui nous envoie Andrea Lindsay avec son charme irrésistible, sa voix ensoleillée, ses paroles mélancoliques et ses mélodies rafraîchissantes.

La belle étoile, son premier disque en français, sorti il y a un an, lui a fait parcourir la France et le Québec et son nom fait doucement son chemin dans l'oreille du public.

«Il faut suivre ses passions dans la vie. La musique et le français sont mes deux coups de coeur alors les mettre ensemble, c'était logique», lance tout simplement la jolie chanteuse, aujourd'hui établie à Montréal.

Juste avant l'entrevue, quand le photographe se pointe, elle demande à la blague s'il lui faut sortir sa petite moue boudeuse. Elle est craquante, vraiment.

Quand elle chante, son petit accent anglais s'efface comme par magie.

«On n'utilise pas la même portion du cerveau quand on parle et quand on chante. Ce n'est pas la même façon de communiquer, c'est étrange!»

Andrea Lindsay est née à Guelph dans le sud de l'Ontario. Son premier contact avec le français, c'était Passe-Partout à la télé.

«On savait que c'était une bonne émission; les enfants ne sont pas dupes! On se disait, mes soeurs et moi, que si on regardait beaucoup, on finirait par comprendre.»

À 18 ans, elle a l'occasion d'un premier séjour en France, grâce à un voyage échange. C'est le coup de foudre pour la langue et la culture françaises. Elle y retournera plus tard pour être jeune fille au pair, pendant toute une année. Et à l'université, où elle étudie les arts et la traduction, elle renouera avec l'émission qui a tout allumé en elle.

«Dans un cours de théâtre et littérature pour enfants, quelqu'un a fait un exposé sur Passe-Partout et a passé un extrait d'une émission. J'étais émue parce qu'enfin, je pouvais comprendre!» se souvient la jeune femme, qui fait maintenant ses premiers pas dans la trentaine.

Andrea Lindsay a aussi suivi une année de cours en chant classique avant de lancer un premier album, en anglais.

«On m'a demandé si j'allais le faire en anglais et en français et la question m'a aidée à prendre ensuite la décision du français. On sait assez bien ce qu'on ne veut pas faire dans la vie, mais pas toujours ce qu'on veut faire. C'est la question qui tue!»

Écrire ses chansons en français lui prend énormément de temps, dit-elle, mais elle le fait en demandant conseil à des amis francophones, qui lui disent parfois de laisser intactes des phrases grammaticalement incorrectes, mais charmantes.

«C'est comme un jeu. Je suis comme une enfant devant un casse-tête. En anglais, je suis plus perfectionniste. En français, je suis plus juste avec moi car je me permets de juste faire de mon mieux.»

D'aussi loin qu'elle se souvienne, la musique a fait partie de sa vie. Sa jeunesse, c'était un karaoké ambulant, rigole-t-elle. Avec sa mère et ses deux soeurs, elles chantaient les succès des années 1950 et 1960.

Il en reste d'ailleurs des traces dans La belle étoile.

«Je dois idéaliser les années 60. Je n'en vois que le côté bonbon. J'aimais aller chez ma grand-mère et feuilleter les Vogue de l'époque. Elle ne jetait rien, elle avait même ceux des années 40!»

Il y a dans les mélodies et l'interprétation d'Andrea Lindsay un clin d'oeil à la légèreté et à la désinvolture associée aux sixties.

«J'avais peur que cet album soit déprimant à cause des textes. Mais si ma musique rend heureux, ça fait mon bonheur à moi aussi.»

Vous voulez y aller?

QUI : Andrea Lindsay

QUAND : 19 novembre, 20 h

OÙ : Théâtre Petit Champlain

BILLETS : 22 $

RÉSERVATIONS : 418 692-2631

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