À peine quelques centaines de kilomètres séparent Montréal et Québec. Et pourtant, il semble que ce soit trop pour beaucoup
de groupes anglophones de la métropole qui évitent presque systématiquement de venir jouer à Québec. C'est le cas de Stars dont les membres se demandaient encore, la semaine dernière en entrevue, les raisons de cette situation qu'ils sont les premiers à déplorer.
Les Montréalais, les premiers, ont mis du temps à faire le détour. Leur première visite remonte à 2006, au défunt Kashmir. Le collectif avait fait salle comble un lundi soir. La deuxième fois, c'était justement cet été, en première partie de Feist au Parc de la Francophonie, où ils ont offert une prestation tout simplement mémorable.
La glace était finalement brisée. Du coup, il devenait impératif que Stars se produise enfin chez nous en salle, dans un environnement contrôlé, où il pourrait donner sa pleine mesure. Ce fut le cas, hier, à l'Impérial, une salle où la qualité sonore ne fait jamais défaut. Et où les inconditionnels du groupe étaient nombreux - environ 400 - à s'être de nouveau rassemblés, par un lundi soir, pour venir entendre la pop-rock séduisante du groupe.
Ce dernier a répondu à l'appel avec une prestation enlevante, qui a, une fois de plus, mis en relief l'exceptionnel duo de voix des charismatiques chanteurs Torquil Campbell (mélodica, claviers, trompette) et Amy Millan (guitare).
Proposant plusieurs nouvelles chansons tirées du récent Sad Robots, ces derniers et leurs quatre complices musiciens ont transporté un public gagné d'avance. On retiendra les interprétations des classiques Your Ex-Lover Is Dead et Ageless Beauty, qui touchent la cible à chaque interprétation. À quand la prochaine fois?
The Spleen
Déjà en mai, nous vous parlions en bien de la formation The Spleen. Ajouté au programme d'hier à la toute dernière minute, le groupe de Francis Frenette nous a donné entièrement raison d'avoir craqué pour son premier album intitulé No More. Avec son rock bien ficelé, injecté d'une large palette d'influences anglaises allant de la brit-pop au post-punk, le quintette a offert une prestation qui en a impressionné plus d'un.
Il faut dire que le chanteur, avec son instrument remarquable, maîtrisé autant dans sa voix de gorge que dans sa voix de tête, y est pour beaucoup. Quant au groupe, il a été, à l'instar de sa musique mélodique, rythmée et accrocheuse, d'une étonnante efficacité.
Pas étonnant que The Spleen ait réussi à placer une première pièce (All Is Done) dans le top 5 anglophone de Musique Plus au cours des dernières semaines. L'avenir est prometteur pour le groupe de Québec qui semble posséder toutes les qualités requises, incluant la présence scénique, pour être le prochain succès anglophone à sortir de la capitale.
On ne peut pas en dire autant de The World Provider, formation électropop montréalaise, qui a ouvert le bal. Un groupe tout croche mené par un chanteur qui fausse - et semble y prendre un vilain plaisir! -, voilà qui ne rencontre pas exactement notre définition du mot «talent». Si c'est là la seule façon que ces hipsters ont trouvé d'être ironiques et cool, nous le serons tout autant en affirmant que nous avons «très, très» hâte de les revoir sur scène... À bon entendeur!











