Ils s'appellent Trivium (metalcore, États-Unis), In Flames (death melodic, Suède), Cradle of Filth (black metal, Angleterre), Symphony X (metal progressif, États-Unis), Sonata Arctica (power metal, Finlande) et leurs noms apparaissent régulièrement sur les marquises du Capitole, de l'Impérial et de la salle Albert-Rousseau. Représentant autant de pays que de sous-genres du metal, lesquels se sont multipliés au cours des dernières années, ils trouvent dans la capitale un important bassin d'amateurs, des connaisseurs pour la plupart, qui se démarquent par leur fidélité et leur enthousiasme.
Fidélité
Il faut dire qu'avec un promoteur local aussi dynamique que Capitale du metal, qui produit autant à Québec qu'à Montréal, ces derniers ont toujours quelque chose de nouveau à se mettre sous la dent. À preuve, les spectacles metal occupent désormais une place prépondérante dans l'offre des salles traditionnelles, où ils étaient auparavant absents. À titre d'exemple, ils ont constitué près de 20 % de la programmation totale de l'Impérial en 2008.
«La scène metal a un public qui est fidèle aux événements, sans égard aux prix des billets qui sont parfois très dispendieux. Qui plus est, ces gens-là sont des bons consommateurs de produits dérivés. Et ça, ça fait toujours plaisir aux directeurs de tournée», fait savoir Barbara Sévier.
La porte-parole de l'Impérial ne s'arrête pas là. Selon cette dernière, le public metal fait preuve d'un comportement exemplaire pendant les concerts, ce qui va à l'encontre de la croyance populaire et, surtout, fait le bonheur du diffuseur.
«Ça risque d'étonner bien des gens, parce que ce public-là fait l'objet de beaucoup de préjugés, mais ce sont des jeunes qui sont totalement captifs de la musique et de la performance. De notre côté, on n'a jamais constaté de bris ou de dégâts à la suite de spectacle metal», note Barbara Sévier, ajoutant que Capitale du metal s'acquitte bien de sa responsabilité d'assurer la sécurité de ses spectacles.
Représentant canadien de l'étiquette Roadrunner, qui héberge la formation britannique Cradle of Filth, Dean Pogue attribue sans peine à Québec le titre de meilleur marché metal au pays. Selon lui, la ferveur des amateurs n'est toutefois pas l'apanage de la capitale, mais fait partie intégrante de la culture metal.
«Cette idée qu'un fan découvre un groupe à ses débuts et le suit tout le long de sa carrière est très forte dans le metal. Les gens appuient leur groupe en assistant aux spectacles. Et souvent, par association, ils vont se mettre à suivre les groupes qui assurent ses premières parties. Pour cette raison, on présente aujourd'hui de bien meilleures affiches. On est très sélectifs»,
affirme-t-il.
Tant et si bien que le metal reprend tranquillement du poil de la bête dans plusieurs autres villes canadiennes, notamment à Calgary et Edmonton, où des populations très jeunes sont en train de chauffer les arrières de Québec.
«Il y a présentement un intérêt énorme pour le metal en Alberta. Quand on regarde les statistiques de tournées, on constate que l'Alberta est devenu un marché prépondérant au cours des deux dernières années. Par exemple, lorsque nos groupes font des apparitions dans des magasins, il y a facilement quatre fois plus de gens qui se présentent qu'avant. Ça tient peut-être aussi au fait que les itinéraires de tournée dans l'Ouest se mettent souvent en branle à Calgary et Edmonton...» laisse entendre Dean Pogue.
En général, le représentant de Roadrunner croit que c'est la progression constante du metal qui est la principale responsable de l'intérêt persistant pour ce genre musical. «Le metal n'a pas cessé d'évoluer depuis les années 70. Il suffit de voir combien de sous-genres en découlent aujourd'hui ? on a même du viking metal! ? pour le constater.»
Pour beaucoup de ses formations, c'est toutefois l'intégrité, qui leur a permis d'assurer leur longévité. «Je pense qu'il y a beaucoup de groupes qui sortent des disques, mais sans nécessairement demeurer fidèles à eux-mêmes. Chez Cradle of Filth, c'est le contraire. Et je pense que c'est pour cette raison que les fans vouent tant de respect à cette formation et continue de l'appuyer», conclut Dean Pogue.











