Il peut être difficile de visualiser son instinct maternel quand on voit les manières mordantes de son alter ego de l'émission Tout sur moi. Mais dans la «vraie vie», la comédienne est plus près du mignon raton laveur Rafi qu'elle a interprété dans Cornemuse.«J'ai fait beaucoup de théâtre avec des enfants. De toujours, il y a eu des enfants autour de moi. Avec eux, je suis en terrain connu. C'est un univers où je suis chez moi», note celle qui a récemment renoué avec le jeune public en se glissant dans la peau de Jocelyne, la mère d'une ado dans la nouvelle émission Tactik. Pour Valérie Blais, il s'agit d'heureuses retrouvailles avec Télé-Québec, un réseau qu'elle affectionne pour le soin qu'il porte au contenu jeunesse. Ce retour n'en est par ailleurs pas tout à fait un parce que les petits téléspectateurs pouvaient toujours la voir dans son costume de Rafi : les tournages de Cornemuse se sont terminés en 2003, mais les épisodes sont encore diffusés quotidiennement.
«Les trois à cinq ans, c'est mon groupe d'âge préféré, déclare-t-elle. Je les connais presque intuitivement. C'est la petite enfance, ce n'est pas encore l'âge de raison et c'est infiniment poétique. Pour eux, la lune, c'est quelqu'un, et si tu frappes une chaise, ça lui fait mal. Ils ont un imaginaire superbe», ajoute celle qui passe toutefois incognito devant ses jeunes fans, une fois redevenue elle-même. Elle raconte avoir régulièrement offert des prestations devant des groupes d'enfants en liesse. Mais ces mêmes admirateurs n'ont pas bronché lorsqu'elle s'est présentée devant eux démaquillée...
Sur les planches
Ses premières expériences sur les planches, c'est devant des enfants que Valérie Blais les a forgées, adolescente, dans une troupe amateur. Le choix allait de soi pour celle qui se rappelle avoir été éveillée au théâtre très jeune.
«À cinq ans, je disais que je voulais être metteure en scène. À six ou sept ans, je suis passée devant l'École nationale de théâtre avec ma mère et elle m'a dit que si je voulais devenir comédienne, c'est là que je devrais aller étudier.»
Quand elle a eu l'âge requis, Valérie Blais a pris sa mère au mot. Elle a eu un «parcours normal», attendant d'avoir un diplôme en poche avant d'entrer sur le marché du travail. Les ados avec qui elle bosse aujourd'hui sur le plateau de Tactik empruntent, eux, le cheminement contraire.
«Je les trouve chanceux... Dans les années 80, ce n'était pas la mode de faire des émissions où on engageait des enfants. Mais je trouve aussi que c'est important de faire ses classes, nuance-t-elle. Le plus dur, pour ces comédiens, c'est quand ils grandissent et qu'ils se retrouvent à passer les mêmes auditions que ceux qui ont fait des études. Ils n'ont pas toujours les mêmes connaissances.»
À ses jeunes collègues, Valérie Blais suggère également de ne pas se limiter à des rôles à l'écran et de se frotter au théâtre. Les planches, clame-t-elle, permettent de garder la main, comme le font les gammes pour un musicien.
«C'est comme un danseur qui fait ses cours de ballet, image-t-elle. Le théâtre, c'est notre église. C'est là qu'on fait la projection d'un art vivant, qu'on peut travailler différents tons, qu'on développe son imaginaire...»
Elle-même met ses principes en pratique en montant régulièrement sur scène. Forte du succès du monologue Le démon de midi, qu'elle a interprété pendant deux ans, la comédienne planche avec Stéphane Lapointe et David Paquet sur un deuxième one-woman show qui devrait sortir en 2010. Elle y interprétera une galerie de personnages dont la figure centrale sera, vous l'aurez peut-être deviné, une enfant de huit ans. «C'est une Mafalda, une petite fille trop brillante pour son âge», laisse-t-elle entendre.
Une «grande amie»
Son amour des petits, Valérie Blais le vit aussi au quotidien, même si elle n'a pas encore connu la maternité. À 40 ans, la comédienne n'a pas abandonné l'idée d'élever sa propre famille. «Mais je me dis qu'il y a plein de façons de le faire, confie-t-elle. C'est un geste d'aider, d'aimer des enfants. J'aime aussi l'idée de l'adoption. Être parent, c'est devenir un guide pour un être humain. On parle souvent des difficultés vécues par les familles qui adoptent, mais pas de la résilience des enfants...»
Valérie Blais n'a toutefois pas attendu d'avoir un bébé à elle pour s'occuper des plus jeunes, comme en témoigne son implication dans les oeuvres du pédiatre social Gilles Julien. Depuis un an, la comédienne est devenue la «grande amie» d'une fillette de neuf ans, dans un programme semblable à celui proposé par l'Association des grands frères et grandes soeurs du Québec. «Je crois à ça, lance-t-elle. Je crois qu'on peut ne pas être parent et s'impliquer quand même dans la vie des enfants. Il y a tellement de jeunes laissés pour compte, et pas loin de nous...»
Les sens de Valérie Blais
Quel parfum est le plus doux?
Celui de mon chum
Qu'est-ce qui te laisse un goût amer?
L'injustice
À quoi ne voudrais-tu pas toucher?
À l'avarice
Quel son te casse les oreilles?
Les bruits de construction
Quelle vue te fait le plus rigoler?
La vue de mon ami Éric Bernier
Où te vois-tu dans 10 ans?
Je me vois encore dans mon métier, mais peut-être avec une autre formation. Ça serait peut-être quelque chose de lié à l'aide à l'enfance...












