Le créateur Olivier Dufour, à qui l'on doit Le chemin qui marche, est sorti emballé du petit-déjeuner qui se tenait hier matin - un rendez-vous annuel initié par le maire L'Allier et qui s'était perdu sous le règne de Mme Boucher.«Qu'il y ait quelque chose qui sorte de Québec horizon culture ou pas, il se passe quelque chose présentement. Déjà , en date de maintenant, il y a des gens qui veulent s'impliquer. J'ai rarement vu les gens aussi positifs. (...) Ça m'a redonné espoir en notre communauté.»
Dufour, qui avait critiqué le manque de créateurs locaux au sein de l'équipe de Québec horizon culture, a décidé d'envoyer un courriel à ses pairs du milieu privé afin de les inviter à une table ronde. Son idée? Discuter des points qu'ils ont en commun et qu'ils pourraient débattre lundi, lors du sommet. De la demi-douzaine de réponses qu'il attendait, il en a eu 45. Mieux, presque tous partageaient les mêmes attentes. Dufour n'était pas au bout de ses surprises : durant la rencontre d'hier, il a constaté que ses pairs du secteur public ont sensiblement les mêmes préoccupations. Bref, un contact s'est fait et les organismes qui oeuvraient traditionnellement en vase clos semblent en voie de s'unir.
La relève oui, mais...
En compagnie du maire, Dufour et ses collègues ont discuté des axes du plan d'action de Québec horizon culture, soit soutenir la vitalité de la chaîne culturelle, miser sur la qualité du cadre de vie, faire de Québec la capitale de la relève culturelle et artistique et, enfin, consacrer Saint-Roch comme haut lieu de la créativité contemporaine. Des bémols ont rapidement fait surface quant
à l'idée de ne miser que sur la relève.
«C'est bien beau la relève, mais ça prend des pros aussi, souligne Dufour. Si on a des gens de haut niveau, par le fait même, la relève va suivre et pour que ces gens soient-là , ça prend de grands projets.»
Fait intéressant, des intervenants de tous horizons auraient également convenu qu'il y a une «signature Québec», c'est-à -dire que peu importe la discipline, ce qui est créé ici porte une marque distinctive. Ils souhaitent donc que nos créateurs soient bien ancrés dans le milieu pour continuer à développer des oeuvres originales susceptibles d'être exportées.
De son côté, Marc Gourdeau, directeur du théâtre Premier Acte et vice-président du Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, est sorti de la rencontre d'hier avec la sensation que la culture est désormais considérée comme un «vecteur fondamental dans le développement d'une communauté comme la nôtre». Certes, il aurait préféré que davantage de travail ait été fait avant le sommet (les consultations ont dû se faire en huit mois, à travers deux campagnes électorales comparativement à plus de 18 mois pour un événement similaire tenu à Montréal) et il trouve qu'avec les interventions des participants limitées à trois minutes, la structure n'est pas tellement ouverte, or il est loin de torpiller l'événement avant qu'il n'ait lieu.
«Québec horizon culture est un premier pas dans la bonne direction et on ne peut que se réjouir de voir deux paliers de gouvernement s'intéresser à la culture.»
«Show de ministre et de maire»
Ancien directeur général de l'OSQ et du Festival d'été, président de la Maison des métiers d'art et futur animateur de radio à Sortir-FM, Michel Létourneau craint que la grande rencontre de lundi soit un «show de ministre et de maire».
M. Létourneau croit que le talon d'Achille du sommet tient au fait qu'il s'agit d'une initiative provenant du milieu politique et non du secteur culturel. Du coup, l'agenda serait déjà rédigé et les réponses aux questions posées seraient déjà connues. Il exprime de sérieuses réserves sur l'idée d'une relève à tout prix et sur le développement spécifique du quartier Saint-Roch, espérant que ces sujets seront débattus.
Il espère néanmoins que de bonnes nouvelles sortiront de cette journée, car «il y a des besoins en infrastructures et des projets de développement culturels sont souhaitables».
Québec horizon culture s'amorce lundi, dès 8h. Au cabinet du maire, on promet une journée dense, remplie d'annonces.

















