Le sujet de l'absence des conservateurs faisait partie de toutes les discussions de corridors. Bien des participants s'expliquaient mal la décision du gouvernement d'ignorer cet événement majeur et d'y envoyer simplement des fonctionnaires fédéraux. D'autant plus que les libéraux fédéraux et le Bloc québécois étaient pour leur part bien représentés.«Les conservateurs ont montré un irrespect total envers la culture québécoise en coupant dans le programme de rayonnement international. Et ils sont mal à l'aise. Mais leur devoir comme gouvernement est d'être présent dans des événements comme ça. Au lieu d'être ici pour entendre quels sont les projets qui tiennent à coeur aux gens de la région, tout le monde va encore être obligé de faire sa petite promenade vers Ottawa», a dénoncé la députée péquiste de Taschereau, Agnès Maltais.
Occasion ratée
À ses yeux, les conservateurs ont manqué une belle occasion de démontrer qu'ils sont des partenaires de la région de Québec et que la culture leur tient à coeur. Mme Maltais estime aussi que leur présence aurait pu contribuer à rétablir les ponts brisés avec le Québec en raison des compressions budgétaires annoncées dans ce domaine avant les élections fédérales.
«Comme ils n'ont pas encore reculé sur leur programme et qu'ils sont arrivés avec un fonds complètement loufoque avec leur espèce de prix Nobel des arts à Toronto, ils sont peut-être un peu gênés. Je pense qu'il va falloir qu'ils reviennent et qu'ils se mettent les deux mains au travail au Québec», a-t-elle lancé au Soleil.
Même son de cloche du côté de la députée du Bloc québécois Christiane Gagnon. «Ça démontre l'intérêt qu'ils donnent à la culture. Je pense que ça aurait été important de les voir ici pour leur rappeler les besoins de la grande région de Québec. Il aurait fallu qu'il y ait des figures publiques», a-t-elle soutenu, en ajoutant qu'elle comptait bien intervenir en Chambre pour rappeler aux conservateurs qu'ils ont manqué à leur devoir.
Problème d'horaire
Du côté du gouvernement libéral, on se montrait plus compréhensif. Selon la ministre de la Culture et coprésidente de l'événement, Christine St-Pierre, les conservateurs ont bel et bien été invités à participer à ce forum. Mais un problème d'horaire aurait empêché le nouveau ministre du Patrimoine, James Moore, d'accepter cette invitation.
«On a fait les invitations. Nous avons été très clairs et transparents sur ce que nous voulions faire. Les objectifs étaient connus, notre orientation était connue. M. Moore est nouvellement arrivé dans le dossier. Quand je lui ai parlé du forum, il s'est montré très intéressé. Il m'a dit qu'il verrait si c'était possible de le placer dans son horaire», a expliqué la ministre.
Selon elle, les résultats concluants de cette grande rencontre culturelle convaincront toutefois le gouvernement fédéral de s'intéresser davantage aux dossiers de Québec à l'avenir. «Quand le fédéral verra les articles que vous allez écrire, ils verront qu'il s'est passé quelque chose d'important ici et si on fait une deuxième édition, peut-être qu'ils en feront partie.»
Mme St-Pierre n'a donc pas voulu lancer la pierre aux élus conservateurs et encore moins au ministre Moore, avec qui elle a eu des discussions «cordiales» ces dernières semaines. «Nous sommes en bons termes. Je lui ai fait mes remarques sur le budget. Je lui ai dit qu'il y avait de bonnes choses et des choses qui me décevaient comme l'abolition du programme pour les tournées internationales. Mais les discussions se poursuivent et les relations sont bonnes», a-t-elle assuré. Une rencontre avec le ministre Moore a d'ailleurs été planifiée après le forum pour l'informer des orientations qui se sont dégagées de cette rencontre.
Même le maire de Québec, Régis Labeaume, n'a pas voulu faire trop de vagues avec l'absence des conservateurs dans la salle. De toute évidence, le maire marchait sur des oeufs. «Honnêtement, je pense que ça aurait été mieux qu'ils soient là. Mais l'important, c'est d'avoir des projets sur la table. Et là, on va leur montrer sur quoi nous nous sommes entendus avec le provincial, on va leur montrer nos projets», s'est-il contenté de dire.
Le bureau du premier ministre Stephen Harper n'a pas donné suite aux appels du Soleil, hier, et il a donc été impossible d'obtenir les commentaires du Parti conservateur.












