Dans un véritable marathon d'annonces, le gouvernement provincial et la Ville de Québec ont dit vouloir investir plus de 53,2 millions $ dans le milieu de la culture de la capitale au cours des trois prochaines années. Tout un baume sur une communauté s'étant longtemps sentie délaissée au profit des artistes de la métropole.
Le sommet Québec horizon culture d'hier venait en quelque sorte concrétiser des mois de consultation auprès de plusieurs groupes de Québec. Pendant un peu plus de huit heures, plusieurs des 750 participants sont venus présenter leurs projets pour ensuite recevoir la confirmation d'un soutien financier.
Infrastructures
À lui seul, le gouvernement provincial a ainsi promis d'investir dans la capitale la bagatelle de 33 millions $ au cours des trois prochaines années dans une trentaine de projets. Reste que la vaste majorité de cet argent ira non pas aux artistes, mais plutôt dans les lieux de diffusion. Les deux tiers de ces sommes iront en effet dans des fonds destinés à la restauration des équipements culturels (9 millions $), des bibliothèques (10 millions $) et des bâtiments patrimoniaux (4 millions $) de la capitale, a précisé la ministre de la Culture, Christine St-Pierre.
Même scénario à la Ville de Québec, où, sur les 16,6 millions $ promis en culture d'ici 2012, la majorité ira dans l'immobilier. L'administration Labeaume a en effet décidé d'aller de l'avant seule avec le projet de l'Institut Canadien de transformer le temple Wesley en Maison de la littérature, un projet de 9 millions $.
Non loin de là, dans le Vieux-Québec, un autre projet immobilier promet de faire perdre à la maison Loyola ses airs de maison hantée. Le ministère de la Culture et la Ville investiront chacun 2,65 millions $ pour la restauration de l'ancien local du bar La Fourmi atomique.
Laissé à l'abandon depuis le début des années 2000, le bâtiment sera racheté pour 625 000 $ par la fondation Jules-Dallaire et loué gratuitement à sa voisine, la Maison Dauphine. En manque d'espace, cette institution qui vient en aide aux jeunes de la rue prévoit ouvrir en septembre 2010 une école de la rue. Pour assurer son bon fonctionnement une fois la maison Loyola restaurée, la Ville injectera également la moitié des surplus générés lors du Championnat mondial de hockey l'an dernier, soit 500 000 $, a annoncé M. Labeaume.
La relève
Malgré ces nombreuses annonces à caractère immobilier, les artistes - principalement de la relève - ne seront pas en reste. Lancé tout juste l'an dernier, le programme Première ovation dédié aux jeunes artistes de Québec voit son budget annuel tripler, passant de 300 000 $ en 2008 à 1 million $. Le maire évalue que 1500 jeunes profiteront de ce programme.
L'argent annoncé hier servira également à créer de nouveaux festivals. Ainsi, au lendemain du succès remporté par le concours Operalia l'an dernier, l'Opéra de Québec est à créer un Festival d'art lyrique, le premier du genre au Canada. Un Festival d'art littéraire doit également voir le jour afin de «célébrer l'oeuvre d'un écrivain international majeur».
Certains autres événements verront la contribution de la Ville augmenter pour les prochaines années, comme le Carrefour international de théâtre et la Manif d'art.
Thème récurrent durant cette journée, la contribution du privé à la culture est restée plus modeste. Outre l'Industrielle Alliance, qui investira 1,1 million $ dans le projet de la maison Loyola, seule la Chambre de commerce a allongé les dollars hier. En fait, ses 175 000 $ serviront à favoriser les liens entre le milieu des affaires et de la culture.
Le président de la Chambre de commerce, Christian Goulet, a d'ailleurs annoncé l'embauche d'une personne afin de créer un programme de mécénat. Les artistes à la recherche de financement pourront puiser dans un bassin d'entrepreneurs prêts à allonger les dollars, promet-on.















