Térez Montcalm: l'Europe, c'est extra!

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Térez Montcalm: l\'Europe, c\'est extra!

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«Il n'est pas question que j'aille m'installer en Europe. J'ai besoin de l'air d'ici, j'ai besoin de voir mes amis, ma famille. Tu peux pas sortir le Québec de la Québécoise!»

Nicolas Houle
Le Soleil

(Québec) Donnez-lui des pièces de U2, Cole Porter ou de Léo Ferré et elle les fera siennes. Laissez-la ajouter des titres originaux et Térez Montcalm vous livrera Connection, son cinquième album, qui témoigne d'une chanteuse à son zénith.

Quand Térez Montcalm a enregistré Voodoo, en 2006, elle souhaitait élargir son bassin d'admirateurs afin de pouvoir se produire partout au Canada et, peut-être, de faire quelques incursions en Europe. Le destin en a décidé autrement : ce sont les vieux pays qui ont craqué pour ses airs jazzy. Du coup, Térez a cumulé les spectacles outre-mer par centaines et écoulé pas moins de 60 000 exemplaires de son disque. Comme un bonheur ne vient jamais seul, elle se dit satisfaite ? pour la première fois en carrière ? de son chant sur Connection. Pas étonnant que l'artiste à la noire crinière et aux yeux noisette était tout sourire lors­que nous l'avons rencontrée.

«Je suis allée en France, en Italie, en Grèce, en Suisse, en Belgique et le public a été hyper-réceptif. Il faut dire que les gens là-bas sortent beaucoup : j'ai fait le décompte et il y a 346 festivals de jazz...»

Avec ses miaulements éraillés, son scat survolté et ses envolées langoureuses, Montcalm a assurément de quoi attirer l'attention. Or au Québec, elle ne l'a jamais eu facile. Certes, son premier enregistrement, Risque (1994), a été acclamé, mais Parle pas si fort (1997) avait moins bien marché, tout comme sa galette éponyme de 2002, passée injustement inaperçue. Nul n'est prophète en son pays?

«Il n'est pas question que j'aille m'installer en Europe, tranche-t-elle. On m'a offert plusieurs fois de prendre un appartement là-bas, mais j'aime mieux me taper 10 allers-retours par année. J'ai besoin de l'air d'ici, j'ai besoin de voir mes amis, ma famille. Tu peux pas sortir le Québec de la Québécoise! Et puis, même si c'est plus difficile pour moi ici, je n'ai jamais joué dans des salles vides. C'est seulement que la population est moins grande que là-bas.»

Interprétations et compos

Connection réunit tout ce qui est cher à Térez Montcalm : des titres originaux entrecoupés de reprises pigées dans la pop, la chanson française ou le jazz. Même si les compositions sont quelque chose d'important pour l'artiste, elle préfère insérer des lectures de classiques afin que ses albums soient le plus équilibré et le plus solide possible. Ce qui n'est pas une torture, puisqu'elle prend un vif plaisir à entonner les C'est extra, Where the Streets Have No Name ou Je n'attendais que toi.

«J'aime tout ce qui est bien fait, mais la musique qui m'a toujours fait tripper, c'est le jazz. À la maison, mon père écoutait Frank Sinatra, Nat King Cole ou Tony Bennett et la mélodie venait me chercher, même si je ne connaissais pas ça...»

Pour réaliser ses 11 chansons, Térez a de nouveau fait appel à Michel Cusson. Une grande complicité s'est installée avec l'ancien Uzeb, qui a cette fois pincé sa six cordes et joué du piano, en plus de faire appel à des collaborateurs comme Paul Brochu, Stephan Montanaro et Didier Lockwood pour enrichir l'univers de la chanteuse.

«Ça fait du bien de travailler avec quelqu'un qui te connaît plutôt que d'arriver devant un inconnu. Pour qu'une chanson sonne ?vrai? et vienne du coeur, je ne dois pas la chanter plus que quatre ou cinq fois de suite, alors Michel s'organisait pour faire répéter les musiciens avant que j'arrive en studio.»

Toujours en demande outre-mer, Térez reviendra chez nous une première fois au Festival de jazz de Montréal, puis, quelques mois plus tard, avec une tournée québécoise.

«Je dois être en Europe à l'automne, mais j'ai bloqué tout le mois de septembre pour jouer au Québec. J'ai hâte!»

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