Vega crée un amalgame avec différents styles qu'elle pratique, tels le baladi, la danse contemporaine, le bharata natyam, la danse chinoise, le tango, le flamenco, et autres. Elle puise à ces traditions pour la beauté des formes et leur expressivité davantage que pour les codes qui peuvent leur être associés. Leur complexité et leur beauté sont révélées par l'interprète qui a choisi des costumes simples qui mettent en valeur le travail du corps. Mille et une vies réfère aux multiples vies qui composent notre univers multiculturel (toujours marqué de traditions diverses) autant que celles qui composent les nombreuses facettes d'une personne. C'est aussi une recherche d'harmonie, qui apparaît notamment dans les parties dansées, tout en subtilité, avec un voile ou encore dans la finale endiablée.
Dans ce spectacle assez court, la danse est entrecoupée de commentaires en voix off qui dévoilent les pensées de l'interprète, ses questionnements identitaires, artistiques, sa critique sociale et servent de transition entre des types de danses et des états qui auraient pu s'enchaîner avec des interventions plus parcimonieuses. Verbeux, le commentaire enregistré comporte des lieux communs, bien qu'il s'agrémente d'humour. L'interprétation comporte aussi un côté comique : l'apparition d'une femme «pétard» caricaturale pour ridiculiser la dictature de l'image, tout comme à une finale qui fait sourire par sa justesse chorégraphique.
Avec ses qualités d'interprète, sa technique précise et fluide, son énergie vive et communicative, Ariane Vega peut faire davantage confiance en la force de sa danse pour exprimer ses vues. Ces parties dansées (sur la musique de Bazirka), restent l'atout majeur de cette production.










