Metallica au Colisée: le clavier plus efficace que le camping

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Metallica au Colisée: le clavier plus efficace que le camping

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Stéphane Marceau a fait preuve de persévérance pour obtenir ses billets.

Le Soleil, Patrice Laroche

Jean-Sébastien Massicotte
Le Soleil

(Québec) Alors que la vente des billets pour le spectacle de Metallica commençait officiellement à 10h hier, Le Soleil a voulu savoir quelle était la méthode la plus efficace pour obtenir des billets. Camping sur place, téléphone ou Internet? Trois de nos journalistes ont fait le test. Retour sur une véritable chasse aux billets.

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Natacha Bujold est arrivée à 18h vendredi pour faire la file en prévision de la mise en vente des billets à 10h hier.

Le Soleil, Patrice Laroche

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Martin Bélanger (à droite)?a mis la main sur le dernier billet, alors que ses amis Maxime Pilote et Frédéric Pineault sont repartis bredouilles.

Le Soleil, Patrice Laroche

Les temps ont changé. Visiblement, elle est bel et bien révolue l'époque où ceux qui n'avaient pas peur de faire du camping aux portes des grands amphithéâtres étaient assurés de billets de choix pour un spectacle de leur artiste ou groupe favoris.

Parlez-en à Stéphane Marceau, 31 ans, un fan fini de Metallica. Pour voir James Hetfield et sa bande une 11e fois, le 31 octobre à l'occasion de leur passage dans la capitale, le résidant de Québec a pris congé de son travail et s'est pointé à 10h vendredi aux portes du Colisée Pepsi. Pourtant, il est passé bien près de ne pas obtenir ce qu'il voulait...

Être le premier était essentiel. Mais avant l'arrivée de Michael Charbonneau - bon deuxième bien qu'il soit en fauteuil roulant - vers 10h30 vendredi, Marceau commençait à se demander s'il n'avait pas un peu exagéré... Qu'importe maintenant qu'il avait de la compagnie, et, surtout, il partait en tête pour le lendemain.

Au petit matin hier, ils étaient finalement plus d'une centaine à attendre devant les portes verrouillées du Colisée. Bon nombre avaient passé la nuit à l'extérieur, malgré la pluie et le vent. Un groupe de mordus qui a grandi à l'approche de l'heure H. À l'arrivée du Soleil au Colisée, vers 9h30, une longue file s'alignait sur toute la longueur d'un côté du bâtiment. «Mais ce n'est rien en comparaison avec les billets pour Céline ou encore pour le Cirque du Soleil», a pondéré Sylvain Paradis, en charge de la foule pour Sécurité Sirois.

À l'intérieur depuis 9h, une cinquantaine de fans aux aguets patientaient en bordure de la billetterie. Les traits tirés par la nuit dehors, ils ont eu accès au Colisée pour éviter la cohue à 10h. Arrivée à 18h la veille, Natacha Bujold est l'une des premières filles dans la file. «C'est sûr qu'il y avait le trip. On retrouve notre coeur d'adolescent!» a justifié la femme de 38 ans.

À 9h40, une rumeur laisse croire qu'il n'y a plus de billets au parterre, laissez-passer ultime pour baigner dans l'expérience de la tournée World Magnetic Tour de Metallica. Soupirs de découragement. À 9h55, le malheur se confirme pour les premiers arrivés. «Maudit fan club!» peut-on entendre au sujet de la prévente de billets qui a permis à des abonnés de partout au monde d'avoir la priorité... sans se déplacer.

«Si on vient coucher ici, ce n'est pas pour avoir des billets de loge!» rageait Stéphane Marceau, à l'ouverture des guichets. Comble du malheur pour lui, des difficultés informatiques ont fait que les seuls billets qui lui ont d'abord été offerts étaient dans la galerie du Colisée, soit dans la section la plus éloignée de la scène.

Insatisfait de l'offre, Marceau a décidé d'attendre, avec l'espoir d'un spectacle supplémentaire. «Sinon, j'irai voir les scalpers!» À 10h06, il retrouvait le sourire alors qu'un spectacle pour le 1er novembre était ajouté. Les fans jubilaient à l'idée d'avoir enfin accès au précieux parterre, qui serait apparemment réduit à cause de l'imposante scène 360° utilisée par Metallica.

Détentrice d'une série de quatre billets - la limite par personne - dans la section intermédiaire du Colisée pour le 31 octobre, Natacha Bujold regrettait soudainement son achat à l'annonce des nouveaux sièges. Un regret de courte durée pour la jeune femme alors qu'on l'informait aussitôt que le parterre était de nouveau complet! Dès lors, les acheteurs se rabattaient sur les billets restants sans grande distinction.

«J'ai eu le dernier billet», a lancé Martin Bélanger. Il était environ 10h35. Sur place avec deux copains - repartis bredouilles - depuis 5h30, Bélanger a estimé à environ 150 personnes le nombre d'acheteurs devant eux. Membre du fan club, il avait reçu la veille un courriel l'invitant à acheter des billets. «Je pensais que c'était plus safe sur place...»

Quant à Stéphane Marceau, c'est de justesse qu'il a pu éviter le recours aux revendeurs. «J'ai travaillé fort dans les coins!» Après une discussion animée avec une responsable d'ExpoCité, le premier arrivé a réussi à faire valoir son statut et à renverser sa malchance de la matinée. La suite est mystérieuse, mais à sa sortie du Colisée il était aux anges : en poche il avait quatre laissez-passer pour le parterre. Qui a dit qu'il n'y a pas de bon Dieu pour les adeptes de metal?

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