Francis Cabrel, avec le temps

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Francis Cabrel, avec le temps

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C'est devant une salle comble que Francis Cabrel a renoué avec Québec hier soir au Grand Théâtre.

Le Soleil, Steve Deschênes

Valérie Lesage
Le Soleil

(Québec) C'est devant une salle comble que Francis Cabrel a renoué avec Québec hier soir au Grand Théâtre. Et le public lui réserve les mêmes honneurs ce soir et demain. Près de 6000 spectateurs en trois soirs, c'est une autre preuve que la très longue histoire d'amour entre le chanteur français et le public québécois en est une de fidélité mutuelle.

Accueilli par une ovation dès son entrée en scène, Cabrel nous a emmenés dans un voyage musical de deux heures, quelque part entre la France, l'Espagne et l'Amérique. Il a offert plusieurs titres de son dernier album, Des roses et des orties, et a revisité les grands succès qui ont marqué sa carrière.

L'auteur-compositeur-interprète s'est amusé de sa nature peu bavarde pour présenter ses chansons en deux mots : chanson d'amour, chanson ancienne ou chanson printanière! Cette dernière, très belle avec les guitares espagnoles et les frappements de mains, interprétée à l'unisson avec les musiciens, a marqué le réchauf­fement d'une ambiance jusque-là un peu froide, causée par un manque d'abandon. Avant la chanson du printemps, tout était interprété avec une rigueur absolue, mais il manquait une étincelle, une joie plus communicative.

Une fois la chaleur installée, il y a eu l'inoubliable L'encre de tes yeux, réarrangée avec doigté. Puis, Cabrel a pris congé de ses excellents musiciens (notamment le grand Éric Sauviat à la guitare) pour un tour de chant solo avec la guitare acoustique. C'était l'heure de Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai, puis de la chanson qui l'a obligé à en écrire d'autres, la touchante Petite Marie.

Au moment d'aller écrire, Cabrel, qui avait retrouvé ses complices de musique, avait réussi à faire lever la foule, même à la faire danser, avec une version dynamique d'Encore et encore. On savourait alors le plaisir d'un partage patiemment désiré. Cabrel est d'une nature timide, mais il trouve la force de s'ouvrir et de s'abandonner si on lui en laisse le temps et alors cela devient précieux comme une offrande.

Catherine Durand

Comme choix de première partie, Cabrel ne pouvait tomber mieux que sur la délicate Catherine Durand, qui a enveloppé la salle de sa voix caressante et des jolies mélodies de Coeurs migratoires. En trio à cordes, elle à la guitare, Jocelyn Tellier à la basse et Joe Grass à la mandoline, Durand a créé une ambiance de douceur et de chaleur qu'on aurait volontiers prolongée.

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