The Bad Plus à Rimouski: les mauvais garçons du jazz

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The Bad Plus à Rimouski: les mauvais garçons du jazz

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Reid Anderson : «The Bad Plus est un groupe entièrement démocratique. Il n'y a pas de leader. Tout le monde a son mot à dire, y compris lorsque vient le temps de laisser parler nos influences.»

Photo Mike Dvorak

Nicolas Houle
Le Soleil

(Québec) Sur la planète jazz, The Bad Plus fait figure d'ovni. Avec sa con­trebasse qui sonne comme une tonne de briques, sa batterie hyperactive et son piano avant-gardiste, le trio a servi des reprises mémorables d'Iron Man (Black Sabbath), de la Variation d'Apollon (Stravinski) et même du thème de Chariots of Fire. Les enfants terribles de la note bleue débarquent à Rimouski dimanche, en clôture du Festi Jazz. Puristes s'abstenir.

Vingt ans que Reid Anderson (contrebasse), Ethan Iverson (piano) et David King (batterie) se connaissent; 10 ans qu'ils oeuvrent sous la bannière The Bad Plus. L'aventure que d'aucuns voyaient, au départ, comme un feu de paille ne présente aucun signe d'essoufflement. Après cinq albums, les gars poursuivent leur progression sans négliger leur marque de commerce : intégrer dans le jazz des succès rock comme Barracuda (Heart) ou Life on Mars (Bowie). Selon Reid Anderson, le jazz doit rester branché sur la culture populaire, un point de vue que ne partagent pas tous les jazzophiles.

«On s'est retrouvés à être controversés un peu malgré nous, raconte-t-il. Ce qui est singulier, c'est que nous avons des fans particulièrement loyaux et qu'il y a, parallèlement, des gens qui ont dit des choses très désobligeantes à notre endroit. Mais je crois que c'est bon signe : tous nos héros étaient con­troversés!»

Du chant

Aussi loin qu'ils aillent en déterrant des airs pop, progressif, metal ou grunge, les trois complices se font un devoir d'évoluer dans un cadre déterminé. Pour eux, pas question de s'éloigner de la formule trio acoustique. Ou alors brièvement, car avec le récent For All I Care, la troupe du Minnesota a fait appel à la chanteuse Wendy Lewis.

«On voulait faire un autre type d'album, relever un nouveau défi, précise Anderson. Dès le début du groupe, on avait songé à faire des collaborations, en particulier avec un chanteur. Jouer de la musique populaire est quelque chose que nous avons fait depuis le début, alors ajouter les paroles était assez naturel.»

En s'associant à Lewis, le groupe a pu se permettre des reprises qu'il n'aurait pu faire autrement. The Bad Plus recherche habituellement des chansons ayant quelque chose «d'indestructible», comme le dit si bien Anderson. C'est que les pièces doivent pouvoir survivre à la déconstruction, puis à la reconstruction que les musiciens leur font subir. Et au final, elles doivent contenir des éléments reconnaissables pour que le public puisse les identifier et les apprécier, même si le chant n'est pas présent pour servir de repère. La présence de Lewis aura permis de faire fi de cet aspect et d'élargir le répertoire.

Retour au trio

Après un an de travail commun, la collaboration avec Lewis tire à sa fin. C'est en effet sous forme de trio que The Bad Plus se produira à Rimouski. La dynamique singulière de l'ensemble, où la fougue a des allures rock, où l'improvisation peut être complètement free et où le mordant n'exclut pas des segments expérimentaux sera donc à l'honneur. Et s'il n'en tient qu'à Anderson, cette formule gagnante est là pour durer.

«L'une des raisons pour lesquelles nous pouvons faire ce métier tient au fait que nous nous connaissons si bien. Nous passons beaucoup de temps ensemble et nous devons travailler parfois très intensément, mais chacun a un immense respect pour l'autre. [...] Nous chérissons ces moments où nous faisons de la musique ensemble; on ne laisse rien empiéter là-dessus.

Vous voulez y aller?

QUI : The Bad Plus

QUAND : 6 septembre, à 20h

: salle Desjardins-Telus, à Rimouski

BILLETS : 33 $

TÉL. : 418 724-0800

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