Pour peu, on aurait pu croire qu'on avait omis d'allumer le système d'amplification à la salle Desjardins-Telus. Le public retenait presque son souffle afin de mieux entendre la jazzwoman et ses complices, le contrebassiste Bill Gossage et le guitariste Jordan Officer. C'est que le trio donnait dans la nuance. Les silences, les respirations, les glissements de doigts sur les cordes ou les craquements des instruments étaient presque aussi importants que la voix cristalline de la leader, les envolées virtuoses d'Officer ou le walking bass de Gossage. Nul besoin de s'époumoner pour émouvoir, rappelait ainsi la jazzwoman avec ses reprises swing, blues ou country-folk, dont une très belle How Deep Is the Ocean. Si cette retenue a d'abord charmé, elle a, à un certain moment, pris l'allure d'un boulet. Un peu plus de mordant et de dynamisme étaient nécessaires pour faire décoller le spectacle, ce qui est arrivé seulement en fin de première partie, lors d'un sympathique boogie.
Chanson en français
La deuxième moitié de la soirée aura été plus équilibrée. Délaissant d'abord sa caisse claire pour se concentrer sur des titres romantiques, Arioli s'est par la suite permis une adroite plongée dans la langue de Molière avec le Je bois de Vian, accueilli chaudement. Officer, lui, a cumulé les solos aussi épatants que pertinents, brillant par son doigté nerveux.
Si quelques ajustements du côté de la structure du show auraient permis aux pièces d'avoir un meilleur impact, il reste que la leader et ses collègues ont servi de solides interprétations, mettant à profit leur indéniable complicité.
Avis aux intéressés, le trio d'Arioli s'arrête à L'Anglicane ce soir, à 20h.












