L'histoire des soeurs Bianca et Sierra Cassidy est loin d'être banale. Nées à Hawaii, élevées en Arizona dans la tradition indienne Anasazi et séparées à l'adolescence, elles se retrouvent presque par hasard à Paris, en 2003, alors que Sierra suit des cours de chant lyrique, tandis que Bianca s'intéresse au graphisme. Elles décident spontanément de faire de la musique ensemble, en reprenant leurs surnoms d'enfants (Coco pour Sierra et Rosie pour Bianca). Après un premier album sous l'emprise de la chanson minimaliste, La maison de mon rêve, et un Noah's Ark plus électronique, The Adventures of Ghosthorse and Stillborn (paru en 2007) marque un tournant encore plus ambitieux.
Entre quelques rendez-vous à New York, Bianca ne sait trop elle-même comment résumer le parcours intrigant de CocoRosie. «J'imagine que chaque album est une sorte de réaction au précédent. On ne veut pas se conformer à un style bien précis. On expérimente toujours sans jamais perdre de vue cette spontanéité créatrice, qui est à l'origine de notre musique. C'est un facteur essentiel dans notre démarche depuis le début.»
Véritable mélange d'influences disparates, The Adventures of Ghosthorse and Stillborn démontre surtout que ces bohémiennes ne manquent ni d'ambition ni de caractère. «Étrangement, ce disque a été conçu dans une vieille ferme dans le sud de la France. Puisqu'on n'a pas de repaire fixe, on voyage sans cesse d'un endroit à l'autre. On enregistrait surtout la nuit, avec en arrière-fond une présence animale singulière et très forte. Il y a eu ensuite d'autres séances, en Islande, dans un studio et une ambiance complètement différente.»
Croyances
Sans trop vouloir s'étendre sur ses années de jeunesse, la cadette s'explique tout de même sur ses origines et ses croyances. «Notre conception de l'art est intimement liée à une forme de spiritualité. On a grandi dans un environnement où la nature jouait un rôle beaucoup plus primordial que la radio, la télévision ou les médias. Cela nous a permis, d'une certaine manière, de ne pas avoir peur d'être nous-mêmes, tout en restant créatives et à l'écoute de ce qui nous entoure.»
Pourquoi alors mettre autant d'efforts dans une image à la fois tape-à-l'oeil et ambiguë? D'ailleurs, le duo a fait appel au talent des photographes français Pierre et Gilles pour la pochette de The Adventures of Ghosthorse and Stillborn. «Pour moi, c'est aussi important que la musique. Ce n'est pas quelque chose d'anodin, bien au contraire. Il s'agit d'une autre forme d'expression, comme la peinture ou l'écriture. Les vêtements et l'aspect visuel représentent une des multiples facettes de l'univers de CocoRosie.»
Depuis la parution de son troisième disque, le groupe a surtout joué en Europe, notamment à guichets fermés à l'Olympia. De plus, Bianca participe à de nombreuses expositions d'art visuel dans différentes galeries et s'occupe même d'une boutique parisienne.
Au cours de la dernière année, les deux ont travaillé sur la suite de The Adventures of Ghosthorse and Stillborn en Allemagne, en Argentine, en France, en Australie, de même qu'à New York. «On traverse une période un peu étrange en ce moment, car le prochain album ne sortira pas avant 2010 et on ne fait que quelques dates en Amérique du Nord avant de retourner en studio à l'automne. On veut revenir à un son acoustique plus dépouillé comme à l'époque de La maison de mes rêves. Ce n'est pas un retour en arrière, seulement une façon moins contraignante de faire de la musique.»
Vous voulez y aller?
QUI : CocoRosie et invité
QUAND : demain à 20h
OÙ : Le Cercle
BILLETS : 15 $ en prévente et 20 $ à la porte
INFO : 418 948-8648










