À l'occasion du premier concert de la saison des Violons et aussi du premier rendez-vous de la série Da Camera, on reprenait le programme Piazzolla immortalisé sur disque, il y a quelques années, et qui fut couronné par un prix Juno.
Les Quatre saisons de Buenos Aires mettant en vedette l'enthousiasmante et passionnante Pascale Giguère au violon solo, ont manifestement conquis le public. Le chef Jean-Marie Zeitouni a piloté une exécution nuancée et mordante qui, entre les pianissimos nerveux et les fortissimos soutenus, entre les épisodes typiquement piazzolliens et les citations tirées de l'oeuvre de Vivaldi, parvenait toujours à retrouver son élan.
La soirée s'est ouverte sur des interprétations plus intimistes, d'une élégance folle, voire troublante, offertes par le trio réunissant la violoniste Pascale Gagnon, le violoncelliste Raphaël Dubé et le pianiste François Zeitouni. Dès Oblivion, les musiciens se sont totalement accordés du point de vue du geste et de l'expression pour réussir une plus que convaincante entrée en matière.
Puis ce fut La Muerte del Angel, dont le rythme et le mouvement semblaient traduire à la fois la fièvre, le muscle, l'audace et le tempérament des interprétations de Piazzolla.
Denis Plante, un bandonéoniste virtuose qui a récemment élu domicile à Québec, s'est ajouté dans la Milonga del Angel. Sa présence nous a permis, semble-t-il, de retrouver cette voix authentique à laquelle le tango doit sa place unique dans l'univers musical contemporain. Ce moment rempli de finesse, délicatement sensuel et totalement habité, était beau à en pleurer.
En comparaison, le Grand tango pour violoncelle et piano servi ensuite par Benoît Loiselle avait à mon avis un goût plus rêche et une texture plus sèche et plus aride. L'équilibre entre les deux instruments n'était pas idéal, mais je doute que ce soit la faute de François Zeitouni. Ce dernier a été, tout au long de la première partie, l'accompagnateur parfait, à la fois discret, réservé et drôlement présent là où ça comptait.
LES VIOLONS DU ROY. Direction : Jean-Marie Zeitouni, chef d'orchestre. Solistes : Pascale Giguère, violoniste, Benoît Loiselle, violoncelliste, François Zeitouni, pianiste et Denis Plante, bandonéoniste. Piazzolla : Le grand tango; Milonga del Angel; La Muerte del Angel; Las Cuatro Estaciones porteñas (Les Quatre saisons de Buenos Aires). Golijov : Last Round. Hier soir à la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm. Concert présenté en reprise aujourd'hui à 14h.











