Lors de l'événement de la mi-septembre sur les plaines d'Abraham, les Zapartistes ont notamment prêté leurs voix à Ça va venir, découragez-vous pas de La Bolduc. Une expérience qu'ils ne sont pas prêts d'oublier.
«Quand on a vu sur place la réaction du public, plus nombreux qu'on croyait, attentif, c'était bien touchant. Ça devrait faire ravaler leurs paroles démagogues à ceux qui ont cassé du sucre sur le dos du Moulin. On a manqué là une occasion d'être enfin unis, de parler en notre voix. OK, oui, il y avait une couleur souverainiste à cet événement, mais c'est avant tout notre histoire. Notre histoire a toujours tendu vers notre existence comme peuple. Il y en a qui ont décidé de salir ça plutôt que de s'y rallier et ça nous a fait réagir», s'enflamme François Parenteau. Il y aura donc un mini-Moulin à paroles à la sauce zapartiste dans leur prochain spectacle.
Une fois le sujet sensible abordé, le ton redevient badin. On annonce bien d'autres choses au menu de L'Anglicane.
Bien connus pour leur cinglante revue de fin d'année, les Zapartistes préparent cette fois un spectacle plus fouillé de leurs meilleurs numéros et un bulletin de nouvelles qui punchent l'actualité. «Quelques grands crus avec des petits beaujolais à boire dans le mois», résume Christian Vanasse.
Ils reparleront de la crise économique, forcément, du francophone hors Québec et de la bataille du 514-450-418. «On va ramener notre trilogie de l'urbain, du rural et du banlieusard. Les citoyens sont aussi des acteurs de l'actualité et sont caricaturaux», indique François Patenaude.
Il pourrait être question de Mario Dumont et de sa nouvelle «VVVVVVie». «Il y a beaucoup de politiciens maintenant qui se recyclent dans les médias : Jean Lapierre, Joseph Facal. Pour nous, c'est intéressant parce qu'ils restent dans la sphère publique, on peut continuer à s'amuser avec eux», note Christian Vanasse.
En bons chiens de garde de la démocratie, les Zapartistes vont se pencher sur le cas de Québec. «C'est le fun de regarder ce qui se passe dans les dictatures. Il n'y a pas d'opposition à la mairie de Québec, je crois», lancera François Patenaude, en rebaptisant le maire «Badabeaume».
Les humoristes promettent d'enfiler plein de personnages politiques dans un «numéro bonbon» en fin de spectacle. Ils lancent quelques noms, dont Obama et Sarkozy. Ils feront renaître des morts Pierre Bourgault. Ils se sont même permis de caricaturer le chef Martin Picard, du restaurant Au Pied de cochon, sous un angle politique.
En énumérant leurs sujets, petite séance de brainstorming. La bande a un flash sur l'angle à avoir pour présenter Barack Obama. Nadine Vincent écoute sans lâcher son ordinateur portable sur lequel elle pianote tout au long de l'entretien. L'écriture des Zapartistes, c'est un peu ça. Ça n'arrête jamais. L'équipe peut parfois s'obstiner pendant des mois sur un thème. Y a-t-il un peu de procrastination? «C'est l'avenir qui nous intéresse, donc on remet toujours au lendemain, forcément», rattrape dans un sourire François Patenaude.
Depuis leurs débuts en 2001, les Zapartistes regardent aussi en arrière et font leur propre bilan. «Ça piétine. Le monde vote de moins en moins. Le PQ a l'air de se chercher», indique François Parenteau.
Pour Christian Vanasse, la façon d'agir a changé. «Il n'y a plus de grandes manifestations, de grandes émotions, comme ce qui nous avait portés lors des grèves étudiantes, des manifs populaires dans la rue, du Sommet de Québec. Mais les gens qui ont manifesté là sont rendus ailleurs. Ils s'investissent dans le communautaire, dans les coops de solidarité. En dehors de la politique traditionnelle, il y a une autre façon de faire de la politique, qui est moins glamour, mais qui finit par être efficace.»
Vous voulez y aller?
QUOI : Les Zapartistes
OÙ : L'Anglicane
QUAND : 9 octobre à 20 h
BILLETS : régulier 30 $ et étudiant 22 $
RÉSERVATION : 418 838-6000 ou www.billetech.com












