Jean-Michel Anctil s'est présenté Tel quel (le nom de son nouveau spectacle solo) devant une salle comble, «bien content d'être de retour à la maison», lui qui est né à Saint-Pascal de Kamouraska et a étudié à Québec. Dans un décor recherché de grenier où s'entassent des vieilleries de son ancienne tournée, Anctil consacre ses premiers numéros à expliquer pourquoi il s'est arrêté et raconte ce qui lui est arrivé ces dernières années.
Les mots d'enfants de sa plus jeune, Marianne, surnommée «le yiable», les anecdotes de bricolage, une séance de massothérapie normalement relaxante mais plutôt intimidante... Il expose de façon parfois très réussie, parfois moins, diverses tranches de vie. Si le récit de son escapade familiale en motorisé dans Charlevoix fait moins rire, on se bidonne franchement à sa description des étapes de construction d'un carré de sable. En tout cas, l'homme de bientôt 43 ans a le mérite de ne pas avoir peur du ridicule.
En seconde partie, Jean-Michel Anctil prend pleine possession de ses moyens en incarnant ses personnages fétiches. Le public renoue d'abord avec une Préscilla amaigrie parce que amoureuse d'un jeunot de 20 ans qui l'aime, bien entendu, à sa juste valeur.
Anctil présente aussi de nouvelles figures dans un numéro sur l'itinérance. Le clochard Sylvain converse avec Botch et CB dans un discours qui se veut moins comique, mais plus touchant.
Femmes enflammées
Puis, l'humoriste enflamme la gente féminine avec son avocat misogyne et alcoolique. «Les femmes sur le marché du travail, c'est pas vite, vite. Dès qu'elles obtiennent leur permanence, qu'est-ce qu'elles font? Elles tombent enceintes! Y'a des femmes prêtes à scrapper leur corps pour être en congé...» lance-t-il, heureux de son effet, suscitant des ouuh! et des aaah! dans l'assistance.
Le metteur en scène et frère d'Anctil, Dominic, a bien vu en ramenant Rateau au dessert. Oh oui! Oh oui! L'attachant détraqué a été ovationné dès son entrée. On ne sait trop ce qu'il a déblatéré, mais sa présence, son énervement et ses simagrées ont suffi à mettre la cerise sur le sundae.
Un spectacle parfois émotif, parfois un peu simpliste en première partie, mais somme toute réussi pour l'humoriste chouchou des Québécois.
Jean-Michel Anctil occupe la salle Albert-Rousseau jusqu'à samedi, mais toutes les places sont vendues. Il sera de retour à Québec du 7 au 9 avril et du 11 au 13?novembre 2009.












