Metallica: les papas rockers

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Lars Ulrich, Kirk Hammett, Robert Trujillo et James...

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Lars Ulrich, Kirk Hammett, Robert Trujillo et James Hetfield

Nicolas Houle
Le Soleil

(Québec) «Des pommes, des oranges, des bananes, une man­gue, un citron, des bleuets, des framboises, de la lime, du pain de blé entier, une barre de chocolat noir...»

Le producteur Michel Brazeau est en train d'énumérer les demandes spéciales des membres de Metallica, en vue de leurs spectacles à Québec le 31 octobre et le 1er novembre. À cette liste d'épicerie s'ajoutent trois types de repas : un de boeuf, un de poulet, un végétarien. L'alcool, lui, brille par son absence.

«Habituellement, ce sont les gars les plus simples du monde», souligne Brazeau.

Une demande d'un tout autre ordre figure au contrat : identifier, selon certains critères, des organismes locaux de lutte contre la pauvreté auxquels le quatuor métal pourrait faire un don.

Décidément, cette époque où les rockeurs étaient des gars de party est révolue. Vrai qu'en 28 ans, leur vie s'est profondément transformée. Aujourd'hui, Metallica ne compte plus de jeunes musiciens avides de conquérir la planète avec leur musique lourde, mais quatre pères de famille, qui gagnent leur vie en faisant ce qu'ils préfèrent.

«Nous sommes toujours un groupe qui fonctionne bien, dans la mesure où ça ne nuit pas à notre vie familiale, qui est la priorité numéro 1 pour chacun d'entre nous», expliquait le guitariste Kirk Hammett au Rolling Stone, l'an dernier. Donc, Metallica est numéro 2. «Désolé tout le monde. Mais si nos familles passaient en deuxième, le groupe

imploserait.»

La «Tuning Room»

Ayant abandonné les autobus de tournée, les gars voyagent désormais en jet privé, souvent chacun de leur côté. S'ils ne se donnent plus rendez-vous derrière un verre avant de monter sur les planches, ils n'en ont pas moins un rituel : jouer ensemble dans ce qu'ils ont baptisé la «Tuning Room», un petit local voisin de la scène sur laquelle ils se produiront durant la soirée.

«C'est une sorte de méditation d'avant spectacle, le plus près qu'on puisse s'approcher de cela», précisait le batteur Lars Ulrich, en 2008.

Ainsi, lorsqu'ils s'arrêteront en ville, Hammett et Ulrich répéteront loin des oreilles indiscrètes en compagnie du guitariste et chanteur James Hetfield et du bassiste Robert Augustin Miguel Santiago San Juan Trujillo Veracruz III ? vous pouvez l'appeler Robert Trujillo. Cet échauffement, qui marque parfois leur première rencontre de la journée, durera le temps qu'ils jugeront nécessaire.

«Les gars vont répéter dans l'une des loges du Colisée, confir­me Michel Brazeau. Habituellement, c'est la loge de Lars, où il installe son drum. Ils vont jouer là 15 minutes ou une demi-heure. Ils tripent un peu; ils se mettent dans le beat...»

Complicité

Certes, bien des choses ont changé au fil des ans pour Metallica, mais un élément est demeuré constant : leur complicité, sur scène. Pourtant, on avait craint le pire il n'y pas si longtemps. D'abord avec le départ du bassiste Jason Newsted, en 2001, puis avec l'entrée en cure de désintox d'Hetfield et, enfin, avec la crise interne qui a secoué le groupe, dont témoigne le documentaire Some Kind of Monster. L'inégal St. Anger (2003), où les solos de guitare brillaient par leur absence et où la caisse claire d'Ulrich avait des sonorités métalliques, a par ailleurs effrayé plusieurs fans. En revanche, le retour au trash metal qu'est Death Magnetic (2008) confirme que les Américains n'ont rien perdu de leur inspiration. N'allez pas croire que les accrocs entre eux ont disparu et que tout roule sur des roulettes, or sous les projecteurs, ils ne sont jamais sur le pilote automatique. D'une représentation à l'autre, ils offrent en moyenne 18 pièces, dont six du nouvel album. De plus, ils jonglent continuellement avec les titres proposés afin d'éviter les répétitions, ce qui fait de ce World Magnetic Tour une sorte de work in progress. Pour pimenter l'ensemble, les gars servent une reprise différente chaque soir, allant des Misfits à Queen, de Killing Joke à Mötörhead. Voilà qui laisse présager le meilleur pour la fin de semaine prochaine...

«[Metallica] est pour nous la meilleure façon de transmettre nos émotions et nos sentiments et de toucher les gens», soulignait Hetfield, peu avant la sortie de Death Magnetic.

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